VICHY HALF TRIATHLON 2013

  V I C H Y   H A L F   T R I A T H L O N   2 0 1 3  

  1 , 9   -   9 0 , 5   -   2 1 , 4  

Jeudi 29 août

Malheureusement, cette année, le trajet et le séjour à Vichy se feront seul. Je n'ai personne pour m'accompagner et je sais déjà que les trajets seront longs, très longs, trop longs. Mais, comme je n'ai donc pas trop de contrainte à ce niveau-là, je me lève sans réveil et je démarre lorsque je suis prêt. Il est ainsi déjà sept heures et demi quand je prends la route, direction Vichy, Allier, Auvergne, France, Europe, uniquement par les grandes et petites nationales.

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Au programme, 680 km (par Sedan, Charleville, Reims, Châlons-en-Champagne, Troyes, Auxerre, Nevers et Moulins) pour environ dix heures de route, arrêts compris. Je me répète par rapport à l'année dernière mais je prends exactement le même chemin, entre les voies rapides et les petits villages à la française. Il est hors de question de claquer du fric dans des péages onéreux. Je prends également le temps de m'arrêter plusieurs fois en route pour me dégourdir les jambes, manger un morceau, boire un coup et prendre des photos.

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Finalement, j'arrive à Vichy à presque 18h00. Je dois quand même me dépêcher car les journées raccourcissent rapidement.

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Je gare la voiture et je me rends vers le village expo et plus précisément vers la tente d'inscription. Une bénévole me remet mes effets (sac, dossard, puce, autocollants, tatoo's, bonnet) et m'explique un peu la procédure à suivre. Suite à cela, je fais un premier tour dans le dit village.

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Bien que je ne sache pas encore quels seront mes prochains achats, je déambule par-ci par-là, à la recherche du coup de coeur. Entre deux stands, je parviens à jeter un oeil sur l'aire d'arrivée en phase de montage.

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Je m'arrête au stand Magic-Sportfood et je traine du côté des combis. Les réductions proposées semblent très intéressantes et puis, pourquoi pas. Un des vendeurs vient me renseigner. J'essaye un premier puis un second modèle et après bien des discussions, j'opte pour une Orca Razor (modèle 2012) avec plus de 60% de réduction.

Une fois mon achat en poche (ou plutôt dans un sac en plastique), je retourne à la voiture et je regarde le parc à vélo se mettre tout doucement en place.

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Ensuite, je reprends la voiture en direction de l'hôtel. J'arrive à trouver une place pas trop loin et j'arrive avec un premier sac. La dame à l'accueil me remet la clé de ma chambre et je monte mon sac. Je rapproche la voiture quasiment devant l'hôtel pour décharger le restant des mes effets ainsi que Ef-five. Celui-ci dormira dans une pièce avec des nouvelles copines. Ok... Tout est monté. Maintenant, je me change en vitesse et je vais quand même aller courir une heure relax. Vu l'heure déjà bien avancée, je vais me contenter de rester le long des berges de l'Allier, là où l'éclairage public permet de courir en sécurité. Une accélération d'environ un kilomètre vers la fin de la séance et je rentre pour un bonne douche et une nuit qui je l'espère sera réparatrice...

Vendredi 30 août

Le réveil est programmé sur 6h45. Il sonne. Je me lève. Je n'ai pas passé une bonne nuit. Trop fatigué peut-être ? Soit... Je prends une douche et je m'habille avant d'aller déjeuner. Le restaurant propose pour le petit déjeuner baguette, toasts grillés, céréales, confiture, miel, laitages et jus de fruits ; un petit-déjeuner équilibré. Je mange de bon coeur.

Une fois de retour dans la chambre, je me repose une demi-heure puis je prends mes affaires de natation. Ce matin, j'ai prévu d'aller nager. Séance d'entrainement en eaux libres afin de prendre la température de l'eau, mes repères et aussi tester ma nouvelle Orca. Une fois sur place, j'apprends que l'eau est mesurée à 18°. C'est nettement moins que l'année dernière et aux vues des prévisions météos, il est certain que l'on pourra nager en combi. Pour moi, c'est un vrai plus. Pendant tout l'entrainement, des kayaks de surveillance sont là pour notre sécurité.

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Je nage jusqu'au ponton de départ et là, je lance mon chrono (au sens figuré) et je nage jusqu'à la bouée des 500m. Ensuite, je passe dans le couloir retour et je fais la même distance en sens inverse. Pour finir, je rejoins la berge. J'ai nagé approximativement 1400m et pour mon mille, j'ai tourné en 24 minutes. Ce n'est pas terrible. A voir ce que cela va donner dimanche, avec la cohue et les bousculades du départ.

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Après le retour à l'hôtel et une bonne douche (encore une), je me repose grosso modo jusque midi, ou pas loin. Voyons... Qu'ai-je de prévu cet après-midi ? Ah oui... Le briefing en français est à 14h00. J'ai le temps d'y aller à pied alors je laisse la voiture où elle est, c'est-à-dire à l'ombre et en place gratuite. Je marche donc les quatre kilomètres qui me séparent du Palais du Lac. J'en profite pour traverser une partie des thermes...

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Des rues...

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Des parcs qui recouvrent la ville...

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Des bords de l'Allier...

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Ainsi que de Parc Omnisports...

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Je prends mon temps mais j'arrive bien à l'avance. Une fois à l'intérieur, une responsable prend la parole pour nous expliquer tout le déroulement de l'épreuve, depuis la réception de son sac jusqu'à la remise des prix, en passant par les différents parcours, les pénalités, le dépôt et la reprise du vélo, les contrôles, etc...

Après ce briefing, je m'offre un nouveau tour dans le village expo. Je suis interpellé par un vendeur de lacet en silicone qui me vante les qualités de son produit. Je lui explique que j'en ai déjà sur mes runnings pour dimanche mais il est perplexe. Je lui promets de revenir demain pour lui prouver par A + B la véracité de mes dires. Sur ce, je retourne me reposer une paire d'heures. Je me fais également prendre en photo devant la banderole "ready to race".

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Je quitte le village expo, je constate l'avancement du stade d'arrivée ainsi que du parc à vélo et je rentre.

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Bon... Tant que je suis sur le trajet de l'hôtel, je vais passer par là où je connais de l'année dernière pour aller m'acheter quelques cartes postales et des timbres. Au lieu de me reposer, je les ai remplies et laisser à l'accueil car le facteur passe les prendre directement sur place.

Au soir, une pasta-party est prévue. Le rendez-vous était fixé, comme l'année précédente, au Palais du Lac à 19h00. Je m'y suis rendu en voiture et j'ai trouvé une place dans le vaste parking près du parc à vélo. Je suis arrivé une bonne demi-heure à l'avance, ne voulant pas rater Corinne et Éric que je devais retrouver sur place.

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Finalement, ils sont arrivés en compagne de Johan, un autre compatriote (et collègue). Nous serons donc quatre Wallons à la même table. Pendant le repas, l'organisation présente l'édition 2013 du Challenge Vichy et du Vichy Half Triathlon. Après une entrée crudité, une assiette de pâtes avec plusieurs sauces aux choix. Il y a beaucoup d'ambiance ; surtout lors de la présentation des différentes nationalités. Bien que moins nombreux qu'en 2012, les Belges se faisaient entendre à l'annonce de leur pays. Proportionnellement, c'est encore nous qui avons fait le plus de bruit. Bon, maintenant, il commence à se faire tard et j'ai vraiment sommeil. Alors, je rentre et je vais me coucher, comme les autres aussi je pense...

Samedi 30 août

Aujourd'hui, c'est samedi. D'ailleurs, c'est écrit juste la ligne au-dessus à gauche. En cette veille de compétition, j'ai seulement prévu de repérer les sept premiers kilomètres, dont la grosse côte en deux parties puis les derniers kilomètres afin de me remémorer la partie importante du parcours vélo.

Donc, après une bon petit déjeuner et un peu de repos, je m'habille, je descends et je prends Ef-five au passage. Nous nous rendons calmement jusqu'au pied de la première bosse. Nous la gravissons ensemble ainsi que la grosse côte. Ensuite, nous continuons jusqu'à une rond-point vers le km 8. Pause photo.

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Ensuite, c'est le retour de la première partie. Nous allons maintenant chercher les derniers kilomètres. avec sur le retour une phase sur le prolongateur. Sur le parcours, énormément d'autres triathlètes, tous bien plus fort que moi à vélo. Je crois que je n'en ai dépassé aucun. Par contre, l'inverse ! Et sur ce, j'arrive à l'hôtel et je range Ef-five près de ses nouvelles copines.

Après une nouvelle période de repos relatif, j'avais envie de me rendre chez Décathlon. On ne sait jamais ; le choix est peut-être plus important que l'année dernière. Ben, en réalité, non... Du moins pas dans les rayons qui m'intéressent.

Et donc, direction le village expo une nouvelle fois. Une fois à l'intérieur, direction le vendeur de lacets siliconés. Lorsqu'il me voit, son regard se porte illico vers mes chaussures. Bingo... J'ai gagné. Comme il m'avait promis de me les régler au millimètre, il s'exécute mais se rend vite compte que je l'avais déjà fait comme un pro. Je déambule encore quelques minutes avant de quitter le village. Je m'arrête au restaurant en plein air et je m'offre une assiette de pâtes.

Un nouveau retour à l'hôtel cette fois pour la préparation de mes deux sacs de transition. Je veille à ne rien oublier. Dans le sac "bike", je dépose les chaussures, les chaussettes, les gants, le bandana et le casque. Dans celui floqué "run", je mets les runnings et la casquette. Une fois toutes ces opérations terminées, contrôlées et recontrôlées, je fais pour la ixième fois le trajet entre l'hôtel et le parc omnisports. J'effectue ce trajet avec Ef-five car je vais devoir la laisser pour la nuit avec encore plus de copines. Elle en a de la chance d'avoir plein des copines autour d'elle.

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Sur place, j'ai droit aux traditionnels contrôles de routine : puce électronique, numéro de dossard, autocollants du casque et du vélo sans oublier les deux fameux tatoo's apposés sur le bras et la jambe gauche. Un bénévole accompagne un autre triathlète et moi-même dans le parc à vélo en prenant bien soin de tout nous expliquer. Je range Ef-five à sa place et mes deux sacs à leur crochet respectif.

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Quelques minutes plus tard, je suis dehors et je retourne à pied, tranquillement jusqu'à ma chambre.

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Ce soir, le restaurant de l'hôtel propose la possibilité aux triathlètes d'adapter leur menu en remplaçant les pommes de terre ou autre par des pâtes. Je m'offre donc des tagliatelles au saumon fumé. C'est délicieux, pas trop copieux et je mange de bon bien. Maintenant, je suis vraiment fatigué et je monte me coucher. Vais-je dormir correctement ? Wait and see...

Dimanche 1er septembre

Debout à 4h45, petit-déjeuner un quart d'heure plus tard. Je descends déjeuner. Trois tranches de brioche avec de la confiture et du miel, une compote de pommes et un café noir. C'est tout. Ensuite, c'est le retour dans la chambre pour embarquer mon sac d'après-course. Je mets déjà ma trifonction (du moins le bas) et je range ma combi néoprène dans mon sac à dos. Je prends la voiture jusqu'au parking mis à notre disposition et mes jambes finissent le trajet.

Je suis dans le parc à vélos où je retrouve ma future compagne de route. A ses côtés, il y a une place vide, celle de la monture d’Éric. Pourquoi n'est-elle pas là ? Je me concentre à nouveau sur ma course et sur Ef-five. Je lui regonfle ses pneus (que j'avais volontairement dégonflés la veille) et effectue les dernières vérifications d'usage.

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Suite à quoi, je vais déposé mon sac d'après course (le vert) à la consigne. C'est là que je retrouve Corinne et Éric. Comme je l'avais pressenti, Éric est en civil. Il m'explique ses problèmes de la veille et préfère ne pas prendre de risques. C'est bien dommage car nous aurions pu jouer au chat et à la souris pendant la course. Je termine de m'habiller sans oublier de boire régulièrement. Nous discutons même si je rentre petit à petit et inconsciemment dans ma bulle. D'ailleurs, Éric me le fait remarquer. Il a raison. Peu avant huit heures, Corinne va rejoindre son groupe de départ. J'attends encore quelques minutes : je ne pars qu'à 08h10, dans le groupe dit des faibles.

Les arbitres nous laissent rentrer dans l'eau quelques minutes avant notre départ. Qu'elle est froide ! J'ai du mal à m'immerger totalement. Je fais la centaine de mètres qui me sépare du ponton de départ et j'attends avec les autres. Nous nous encourageons mutuellement. On se tape dans les mains. Le décompte des minutes laisse place à celui des secondes et...

SWIM

Cette fois-ci, je suis attentif et je démarre dès le coup de corne de brume. Je commence par quelques mouvements en brasse car le groupe est très compact. Bien qu'étant déjà fort loin dans le groupe, je me fais encore dépasser à plusieurs reprises. Malheureusement, beaucoup de concurrents plus lents s'étaient postés vers l'avant et bouchonnent les autres. Tout en jouant des coudes et des bras, je prends progressivement mon allure et ma cadence même si de temps à autres il faut encore slalomer, passer en brasse ou carrément s'arrêter.

J'approche de la grosse bouée des 500m et je trouve enfin mon rythme sans trop de problème. Je nage tantôt en deux temps, tantôt en trois. J'ignore où j'en suis côté chrono mais je suis certain d'être en retard tant j'ai galérer au début. A refaire, je me placerai plus vers le milieu. Je continue ainsi jusqu'aux des 900m et nous tournons par deux quart de tour à gauche. Une fois arrivé à la bouée des 1000m, je commence à décompter des centaines et des dizaines de mètres restantes. Cela occupe mon esprit et je ne vois plus trop le temps passer. Afin d'avoir des repères faciles à identifier, il y a une petite bouée rouge tous les 10m et une jaune tous les 100 mètres. Je continue à une allure que j'estime être régulière. Je n'ai aucune idée de mon chrono. Je suis bien tenté de regarder en direction de ma montre mais je ne veux pas être déçu tout de suite.

Je passe la bouée des 1500m. Cela diminue. Plus que quatre cents mètres... Plus que trois cents... Deux cents... Derniers virage vers la gauche, cent mètres. A partir de maintenant, le couloir se rétréci de par lui-même et que le risque de recevoir à nouveau des coups augmente. Je garde mon calme et je termine tranquillement ma distance de mille neuf cents mètres. A l'instant où je sors de l'eau, je prends un premier temps intermédiaire. Je regarde le temps indiqué et je vois que j'ai mis 41'54''... Juste en dessous de ma prédiction (42')... Waow...

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T1

Bon... Maintenant, il faut se mettre à courir, ou à trottiner, c'est selon. Je passe sur le tapis chrono de l'organisation et je continue jusqu'à l'air de transition. Il y a une trentaine de mètres et une combi à retirer en plus qu'en 2012. J'arrive au parc à vélos, j'attrape mon sac rouge, celui floqué "bike" et je vais prendre place sous la grande tente de gauche. Je m'assois et je vide mon sac. Je commence par ôter difficilement ma combi (bon, c'est déjà mieux qu'avant mais ce n'est pas encore le top), laissant apparaître mes jambes couvertes par des manchons de compressions, un jaune sur le mollet gauche et un rouge sur le droit. Puis, je mets mon bandana, mes chaussettes, mes chaussures et mes gants. Lorsque je suis prêt, je démarre en direction de Ef-five. Pendant ce temps, une bénévole s'occupera de ranger mon sac rouge avec les autres. J'arrive à hauteur de mon vélo, je mets mon casque et mon dossard et c'est parti. J'espère passer moins de deux heures cinquante avec elle, c'est mon objectif. Je prends un second temps intermédiaire en enfourchant la bécane. Bilan : 6'22'' et 48'16''. J'ai donc seize secondes de retard au début du parcours vélo...

BIKE

Et c'est parti pour les 90,5 km du parcours. Eh oui, la distance est plus courte qu'annoncée il y a quelques mois. La raison en est simple : dans un des communes traversées, c'est la fête au village. De ce fait, la boucle passant par cette commune est rabotée et le trajet coupe au court. L'info était tombée il y a quelques semaines déjà mais je ne m'en suis rendu compte que la semaine dernière. Soit... Du coup, mon objectif vélo passe de 2h55' à 2h50' et mon objectif final de 5h30' à 5h25'. Les 5 minutes correspondant à la différence de temps gagné pour les 2,7 km.

Et donc, c'est parti pour les 90,5 km du parcours. Comme je connais maintenant, le parcours, je sais où je vais avoir difficile, où je vais avoir plus facile et où je vais avoir mal (aux jambes). Après le faux plat pour sortir du centre omnisports, je passe la plaque et je commence en position aérodynamique. Je démarre plus lentement que le première fois.

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Après trois kilomètres, le virage à angle droit vers la droite annonce la première bosse. Je la monte assis et sur le petit plateau et je favorise une fréquence de pédalage plus rapide. J'ai l'impression que je la passe correctement. Ensuite, le faux-plat montant avant la côté m'oblige à rester petit. Depuis le départ, déjà plusieurs concurrents m'ont doublé mais en soi, ce n'est pas très important. J'attaque la côte à proprement parler mais je sens vite qu'elle ne sera pas facile du tout. J'ai déjà mal aux jambes et je dois même mettre le 39x25. Heureusement, le sommet approche et je peux progressivement retirer des dents. Enfin, je peux repasser sur le grand braquet et c'est ainsi que je peux petit à petit prendre mon rythme de croisière. J'arrive à mon premier point de contrôle et je suis quasiment pile dans mes estimations.

Autant le dire ; j'ai pris avec moi un papier plastifié sur lequel j'ai inscrit plusieurs temps de passage en divers endroits du parcours afin de me faire une idée sur mon chrono final à vélo. Pour le premier, c'est ok.

Maintenant, le parcours offre de belles portions aptes à l'utilisation du prolongateur. Je me fais plaisir, d'autant que si je continue à me faire doubler, je commence aussi à dépasser des autres concurrents. C'est bon pour le moral. C'est à ce moment qu'un avion de chasse me double avec dans sa roue, un mec qui a l'air complètement relax et qui profite de l'aspiration. Je les vois s'éloigner l'un et l'autre. Et dire que l'on nous avait prévenu que les arbitres seraient sévères. Plusieurs kilomètres passent. Ma moyenne augmente petit à petit... 25 au somment de la côte, 26 ensuite, puis 27, puis 28. Soudain, une moto avec le pilote et l'arbitre. Celui-ci fait une remarque à quelqu'un derrière moi puis continue sa remontée. Trois minutes après, je rattrape mon suceur de roue, seul et déjà en difficulté. J'ai envie de lui dire que c'est bien fait pour lui mais je pense qu'il n'en vaut même pas la peine. Je continue mon petit bonhomme de chemin et arrive bien vite à mon second point de contrôle. J'ai une toute petite poignée de seconde d'avance. C'est bien mais le vent n'est pas contraire non plus.

Virage à gauche et passage dans les bois. Je craignais certains passages avec le soleil mais comme il est caché pour le moment, tout se passe à merveille. Quelques kilomètres plus loin, j'arrive à la sortie de ce bois et au point numéro trois qui est en même temps le point culminant du parcours. J'ai environ vingt secondes d'avance. Tout bon.

Virage à droite, quelques centaines de mètres et premier problème avec les arbitres. A ce moment, je reviens sur un groupe de trois triathlètes qui ont l'air de quand même rouler un peu ensemble. Ils sont sur deux lignes. Quelques mètres avant de les rejoindre, je me déporte vers la gauche pour les doubler (ou plutôt les tripler). Mais alors que j'arrive à la hauteur du soi-disant doubleur, celui-ci fait un écart vers la gauche. Pourquoi ? Je n'en sais rien mais je suis obligé à mon tour de faire un même écart et de ce fait, je déborde la ligne blanche de quelques centimètres et ce, sur environ vingt à trente mètres, le temps de le dépasser et de me rabattre. Malheureusement, pas de chance pour moi, il y avait juste un arbitre derrière moi. Celui-ci revient à ma hauteur et me fait une remarque en anglais mais ne me montre pas de carton jaune. De toute façon, je ne comprends pas bien l'anglais et les deux seuls mots que j'ai su traduire, c'est "left side". D'accord, mais j'aurais du faire quoi et comment ? Questions.

Je continue dons jusqu'au premier ravitaillement. Je ralenti seulement pour prendre un morceau de banane avant de reprendre de la vitesse car la route s'élève à nouveau. Au sommet, nouvelle portion au prolongateur. Je roule, dépasse, me fais dépasser, mets des dents, en retire. Arrive le point de contrôle suivant et le chrono indique que j'ai presque une minute d'avance. Merci le vent.

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Les nuages cachent le soleil et de ce fait, les paysages sont moins magnifiques qu'en plein soleil. Mais en compensation, la température est idéale pour le triathlon. Il y a toujours aussi peu de monde dans les campagnes mais des gens sont présents dès que l'on traverse les petits villages. Certes, ce n'est pas les grandes foules mais les spectateurs présents encouragent et cela fait du bien. Je continue sur ma lancée.

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Les portions deviennent plus roulantes, légèrement descendantes et comme le vent est faible mais de dos, je gagne du terrain par rapport à mes prévisions. un ravito, une chicane, je relance. C'est comme ça que j'atteins mon point de contrôle du 42ème avec environ 2'20'' d'avance sur mon plan de route. Virage à gauche et je comprends vite qu'à partir de maintenant, le vent va devenir mon plus grand ennemi et que le combattre ne sera pas chose aisée. Je dépasse encore d'autres concurrents. Je pense sincèrement que j'ai déjà du gagner quelques places mais combien vais-je perdre ? Et là, je parle du temps.

Je me bats contre vents et marées, sauf qu'il n'y a rien que me fasse marrer. Dès la moindre bosse, dès le moindre faux plat, la vitesse devient ridicule et les descentes ne permettent plus de rattraper le temps perdu. J'arrive au troisième ravitaillement. Ça passe bien. Les trois derniers kilomètres de répit avant les trente-sept derniers vent de face ou tout comme. On traverse Maringues, plus grosse bourgade et un peu plus de monde. Je récupère quelques instants, abrité des habitations. Et c'est reparti mais je n'ai déjà plus 1'50" d'avance.

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Alors que l'année dernière, j'abordais la plus belle partie du parcours, aidé ma foi par un petit vent arrière, je dois reconnaître qu'aujourd'hui, ça ne va pas. Je peine à garder une vitesse digne de mon rang. Cet aussi à ce moment que mon deuxième incident avec l'arbitrage va arriver. Je rattrape un courageux concurrent du complet. Concurrent qui alterne les périodes en danseuse et les périodes assis sur la selle. Jusque là, rien d'anormal sauf que... Quoi ? Ben sauf que une fois que je l'ai dépassé, au lieu de rester derrière moi, il se remet en danseuse et me redouble pour stagner cinq mètres devant puis ralentir, tout en restant sur la partie gauche de notre bande de circulation. Et comme on ne peut pas dépasser par la droite... Je fais comment ? Comme je suis bien élevé, je lui fais signe de se rabattre sur la droite. Un peu lent à la détente, il me faut lui montrer clairement car en plus, il ne comprend pas le français. C'est bon, il se replace à droite. Aussitôt, je me déporte sur la gauche et je le re-dépasse. Eh oh... Il joue à quoi là ?  Ne voilà t-il pas que recommence et qu'il reste à nouveau cinq mètres devant et sur la gauche. En tout, il m'a fait ce petit jeu cinq ou six fois. En réalité, jusqu'à ce qu'un arbitre passe et lui fasse la remarque. J'en profite pour poser une question afin de savoir quelle réaction j'aurais du avoir. Pour toute réponse, on me signale que je ne peux pas dépasser par la droite. Ça, je le savais mais ça ne réponds pas à ma question. En attendant, encore quelques précieuses secondes de perdues et bien évidemment, lorsque j'atteins le point suivant, je n'ai plus qu'une petite minute d'avance. Aie aie aie.

Bien sur, le vent est plus responsable de ma perte de temps que cet individu anti-sportif mais il faut que je me reconcentre sur mon pédalage et que je retrouve ma motivation. Où est-elle ? Ah, la voilà. Enfin, j'arrive au ravitaillement de Limons, qui me sert aussi de point de contrôle. Et zut ! Je n'ai plus que 15' d'avance. Maintenant, pour rentrer dans les temps, il va falloir... euh... ben, je ne pas quoi...

Je continue malgré tout. De toute façon, advienne que pourra. Peut-être me suis-je trop surestimé. Peut-être que j'aurais du partir plus prudemment. Peut-être que je me prends la tête avec des futilités mais j'espérais vraiment rentrer en moins de deux heures cinquante. Bon, allez, je pédale. Tu me dépasses, je te dépasse. Eh... Bonjour la Belgique... Come on Belgium... Il n'y a pas mal de Belges parmi les presque mille quatre cents triathlètes. Point suivant, à quinze bornes de l'arrivée. Résultat négatif. Presque 30' de retard. Je m'en doutais. Et m...

Malgré le fait que le parcours soit généralement plutôt favorable, quelques petites bosses se dressent par-ci par-là mais je ne m'emballe pas. Le vent, lui, bien. Je continue de tourner les jambes, je pousse de plus en plus sur les pédales. Bientôt, je n'aurai plus de force pour courir.

Je vois enfin l'Allier à ma droite. Plus qu'une grosse dizaine de kilomètres, mais quels kilomètres ; à plat et face à Éole. Tant pis, je roule, je prolonge, j'appuie. Je reviens sur un peloton. Hein ! Un peloton ? Pourtant je ne suis pas dans une course avec drafting. Bon ! Alors, afin d'éviter toute discussion possible, je me déporte assez tôt sur la gauche de la bande et remets une couche pour dépasser le groupe au plus vite. Je n'avais malencontreusement pas remarquer que derrière moi se pointaient deux fusées... et un arbitre. Arrivée à notre hauteur, elle (parce que c'était une femme) se met à nous engueuler et à nous menacer de tous nous disqualifier si l'on ne se sépare pas. Je me retrouve donc obligé de ralentir et de laisser la distance réglementaire avant de pouvoir à nouveau dépasser. SI j'ai l'occasion de la croiser après la course, j'irai la trouver car je veux bien (et c'est dans ma nature) respecter le règlement mais j'aimerais savoir quel comportement je dois suivre face à tous ces incidents indépendants de ma volonté. Gentil, oui, mais il ne faut pas trop me chercher quand même. Sur ce, je me calme et je recommence à tout donner.

Maintenant, pendant encore quelques kilomètres, nous longeons l'Allier (le fleuve) dans l'Allier (le département). Le vent continue à me gonfler. J'avais prévu de lever le pied dans le dernier cinq mille mais je sais déjà que ce ne sera pas le cas car je veux limiter les dégâts à vélo. Le dernier ravitaillement, celui de Bellerive précède la dernière difficulté du parcours : 500m à 5% de moyenne dont 200m à 7%. Je dois passer le petit plateau mais je suis obligé de tenir le rythme. C'est dur, je peine mais je tiens. Au sommet, j'ai mon dernier point de contrôle, et 1'15'' de retard.

Bon... Les choses sont claires. Je m'étais donné une minute de boni dans les trois derniers kilomètres afin de finir plus tranquillement en moulinant et comme ça, tenter de récupérer un peu de jus. Ben tant pis... Je dois continuer mon effort et rien lâcher. J'aborde néanmoins descente dangereuse avec prudence. Je traverse un carrefour géré par les forces de l'ordre et j'entame la partie la moins agréable du parcours mais je ne ralenti pas, excepté dans la chicane technique. Après, le parcours retrouve les trois premiers kilomètres mais en sens inverse. Je donne ce qu'il me reste de force pour le vélo. Jusqu'à la dernière descente, à 200m de l'arrivée, je roule. Je déclipse, je m'arrête et je prends un temps intermédiaire.

Je n'ai pas le temps de voir ce que le chrono indique. Ce sera pour tout à l'heure...

T2

Enfin descendu du vélo. J'en ai un peu marre de ce vent de face. Un bénévole récupère Ef-five et ira la ranger à sa place. Pour ma part, j'essaie de courir avec les chaussures de vélo mais les cales ne me facilitent pas la tâche. Je vais donc lentement. Au passage, je m'empare de mon sac bleu, celui estampillé "run". Je le trouve assez facilement aussi. Je ne dois pas avoir dépassé beaucoup de monde ; pourtant, il me semblait. Pour cette deuxième transition, je retire mon casque, remplace mon bandana par une casquette. Ensuite, je troque mes chaussures vélo contre mes nouvelles running, celles avec les lacets en silicone, un jaune à gauche et un rouge à droite. Let's go... Je sors du parc à vélo et je prends mon quatrième temps intermédiaire : 1'48'' et 3h40'02''. Plus que deux secondes de retard...

RUN

Deux secondes à reprendre, c'est très peu mais en même temps, cela risque d'être beaucoup. J'entame la partie pédestre sans vraiment de récupération et je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ça va être dur.

Je démarre donc prudemment les premières foulées et après le premier ravitaillement et les 700 premiers mètres (ce qui correspond à la distance entre la sortie du parc à vélo et le stadium d'arrivé), je constate que j'ai déjà récupérer mon retard. Je continue donc sur ma lancée, sans m'emballer davantage car je suis sur d'une chose : si je vais jusqu'au bout, je dépasserai pour la première fois de l'année les 20 km. Ah non, j'ai une fois couru plus de vingt bornes, au mois de mars. Mais sinon, rien. Je sais que mon corps va me le rappeler dans pas longtemps.

Le soleil a fait son apparition. Tant mieux et tant pis. Tant mieux pour la vue et les paysages et tant pis pour la température qui risque de monter plus haut que les 22 degrés annoncés. Après un petit pont de bois et le passage sous les arbres, c'est le retour le long de l'Allier que l'on remonte vers le sud et sur la rive gauche. Je double régulièrement des gens. Je passe ainsi le 3ème, le 4ème puis le 5ème kilomètre. Tout va bien, je suis dans mes temps.

Si le parcours était complètement plat, je ne me tracasserais pas trop mais généralement, pour passer d'une rive à l'autre d'un fleuve, il faut passer sur un pont et donc aborder une côte et une descente. Pour le moment, j'attaque la montée. Le foulée se réduit et je m'applique à ne pas trop regarder en haut. C'est bon, je suis au dessus. Le tablier passe bien, la descente est ombragée, ravitaillement, arrivée sur la rive droite maintenant et retour vers le nord. Je connais le parcours par coeur. On est sur un chemin en stabilisé et bientôt, quelques marches viendront casser mon rythme. Tient, justement, les voilà. Je les monte en marchant. La relance qui suit est pénible mais je sais que ça doit aller. Je mors sur ma chique et je recommence à courir par petites foulées. Je reprends progressivement mon rythme.

Le ravitaillement suivant approche. Je m'hydrate et me rafraichi car il commence à faire chaud. Je poursuis ma chevauchée solitaire. Je suis toujours avec quelques secondes d'avance sur mon tableau de marche. C'est vrai, même si je continue de dépasser du monde, je suis seul dans ma bulle. Je suis sur la piste cyclable à quelques mètres de l'eau. Ici, il y a beaucoup de monde ; des accompagnants, des supporters, des vichyssois(es) et des touristes. Tous ou presque encouragent. Entendre de temps à autre un "aller Fabrice" redonne de l'énergie. Je vais en avoir besoin. J'arrive maintenant au deuxième pont. J'aborde sa montée en réduisant nettement la longueur de ma foulée. Une fois au dessus, je relance la machine.

Je descends de l'autre côté et je passe à hauteur de la sortie du parc à vélo. Je regarde ce que mon chrono indique et je constate que j'ai exactement 10'' d'avance sur mon fil rouge. C'est tout bon mais... Mais il reste un tour et c'est le plus difficile. Au passage à hauteur de la ligne d'arrivée, je constate que mon avance reste la même. Si tout reste comme cela, je sais que je peux rentrer dans mes estimations. Si tout va bien.

J'entame mon second et dernier tour. A partir de maintenant, je peux me fier sur mon schéma de course et sur chaque panneau kilométrique. Nouveau passage dans l'aire d'arrivée. Je reçois un chouchou, témoin de mon premier tour terminé.

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Le parcours continue en passant à nouveau dans le parc du centre omnisports. Le petit pont de bois fait très mal et je peine à relancer les jambes une fois de l'autre côté. Ravitaillement, petite butte, retour sur le bord de l'eau. Plus que huit kilomètres et plus que 8' d'avance. Certains diront que je suis trop calculateur mais je suis comme ça. Psychologiquement, cela m'aide et me motive.

Plus que sept... Plus que six... Le pont de Bellerive à nouveau. La foulée est de plus en plus courtes mais j'arrive au dessus. Je relance. Tient... Qu'est-ce que c'est que ce début de gêne au niveau des quads ? Des crampes ? La descente, le passage ombragé, le ravitaillement, le retour sur le halage et la gêne qui augmente. Inconsciemment, j'ai ralenti la cadence. Plus que cinq et 10' secondes de retard. Le début de la fin ?

Pour la première fois depuis le départ, je me dis que je vais probablement échouer. Je dois me recentrer sur ma foulée économique. Je repense aux heures passées dans le froid, dans le vent, sous la pluie, dans ma cave ; Les heures d'entrainement en solitaire ; Les heures de sacrifices d'une vie sociale que de toute façon je n'ai quand même plus ; Les heures de trajet pour venir seul et en silence ; Les heures passées seul chez moi à me demander pourquoi je fais ça ; Pourquoi ? Et ces marches qui réapparaissent devant moi. Marcher, oui mais recourir après, oui ? Non ? Je repense à tous ceux et à toutes celles qui m'ont supporté, qui me suivent et qui seraient aussi déçus que moi de l'échec. Je dois me battre. Plus que quatre... Et déjà 15''de retard.

"Allonge ta foulée. Perds moins de temps aux ravitos. Profite de la vue, profite de l'instant mais continue de courir bon sens." La gêne ou la douleur (ou est la différence) est toujours là. "De toute façon, la douleur est une information transmise au cerveau par les nerfs et toi, t'es pas équipé." Voilà que je m'insulte maintenant. Manquait plus que ça. Mais l'effet est positif : j'ai l'impression de reprendre du poil de la bête. Depuis le départ de la course à pied, je n'ai quasiment fait que dépasser des triathlètes, à l'une ou l'autre exception faite. Plus que trois... Vas-y... Plus que deux... Je bâcle un peu le ravitaillement. Juste une gorgée d'eau. J'ai 20'' de retard.

La montée du pont. C'est dur. J'ai envie de pleurer de crier ma douleur, ma rage mais merde, je veux me battre jusqu'au bout. Je ne veux rien regretter si j'échoue même si près du but. Je me raconte n'importe quoi car je sais très bien que si je loupe mon objectif ne fusse que d'une seconde, je vais me râler dessus pendant des semaines.

La dernière descente... Plus que un... Encore 15'' de retard... Je rattrape un dame accompagnée de deux messieurs. Je les dépasse mais un des deux hommes ne se laisse pas faire et accélère. Je pense un moment profiter de ce lièvre de luxe mais il a démarré trop vite. Cependant, lorsque je passe devant le parc à vélo, je me dis que c'est "now or never". J'augmente le rythme... Les jambes ont l'air d'accepter ce dernier effort. J'en remets une couche. Elles tiennent, mais pour combien de temps encore. Tant que l'on y est, encore une... Virage à droite... Je passe devant le dernier ravito (qui est aussi le premier) sans m'arrêter ; il ne reste que deux cents mètres... Je regarde une dernière fois mon chrono et je comprends...

Je veux profiter de ces derniers mètres, profiter de l'ambiance. J'arrive à l'entrée de l'aire d'arrivée. Le speaker crie mon nom et ma nationalité. La grosse centaine de spectateurs présents dans l'arène crient, encouragent.

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Je prends le temps de cet instant rien qu'à moi, pour moi. La communion entre le public et le sportif. Cet instant a un côté magique. Je suis incapable de sprinter. A quoi bon... Je suis dans la dernière ligne droite et elle ne fait que vingt mètres. Je vais passer en dessous de l'arche d'arrivée. Je vois les secondes du chrono défiler... 5h34'42''... Sauf que je suis parti dans la deuxième vague, dix minutes après.

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Je peux lever les bras. Je franchis la ligne... Je coupe mon chrono. Il indique cinq heures vingt-quatre minutes et quarante-cinq secondes, soit 5h24'45''... Mon corps se met automatiquement en mode off. J'ai tout donné mais je l'ai fait...

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Je suis surtout carbonisé pire qu'en deux mille douze. J'ai du mal à marcher. Un bénévole me remet ma médaille. Celle-ci, je l'ai bien mérité. Je suis allé la chercher avec les tripes, la rage, le coeur, le foie, les poumons... Je marche comme je peux vers la salle et ses ravitaillement car j'ai une faim d'enfer. J'ai soif aussi mais nettement moins. Je vais récupérer mon sac vert à la consigne. Je m'installe à une table je commence à manger. Je vais ensuite faire la file afin de recevoir mon t-shirt de finisher. Je le mettrai certainement tout à l'heure... Ou pas...

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Je tente une incursion vers l'espace réservé aux massages. Il y a déjà une file qui attend. Le professeur (et responsable) signale qu'il reste une table de libre mais personne ne réagit. Il se répète et devant le mutisme des autres, je décide de passer devant tout ce petit monde et je me dirige vers la table et la masseuse de libre. J'ai droit à un massage des jambes. Je commence sur le dos mais lorsque je veux me retourner, j'attrape une crampe au mollet droit. La pauvre fille doit passer au moins dix minutes avant de réussir à la faire disparaître. Après cette séance, je retourne m'asseoir et je mange encore et je bois encore. Je décide quand même d'aller prendre ma douche. Lorsque je vois la file qu'il y a et la vitesse à laquelle elle avance, je me dis que j'irai encore plus vite en rentrer dans mon espace de villégiature. C'est ce que je fais mais avant ça, je reste encore un petit peu près de l'air d'arrivée afin de voir finir les derniers du Half et les premiers du Challenge.

Pour la récupération, j'opte pour la même méthode que l'année dernière, à savoir les chaussettes de compression et les jambes relevées. Cela fonctionne moins bien que prévu mais il faut bien reconnaitre que je suis aussi bien plus marqué par l'effort. La prochaine étape maintenant consiste à récupérer mon vélo dans l'aire de transition. Avant ça, je passe saluer mon nouveau pote et je lui prouve bien que j'ai couru, comme je le lui avais dit, avec ses lacets, un jaune à gauche et un rouge à droite.

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Je m'y rends rends ensuite avec mon dossard, mes tatoo's et ma puce. En échange de cette dernière, je peux repartir avec un vélo au hasard et comme par hasard, c'est Ef-five que je gagne. Je reprends possession également de mes deux sacs de transitions, le rouge et le bleu.

Je range le tout dans la voiture puis, comme l'année dernière, un petit détour par le fast-food. Je sais, ce n'est pas conseillé mais bon, aujourd'hui, je peux bien faire une exception. Le soleil disparait progressivement et tout le monde n'est pas encore arrivé. Je retourne dans le stade d'arrivée pour assister au final des derniers mais néanmoins courageux concurrents. Les animateurs et le DJ mettent une ambiance de feu. A 23h00, c'est le feu d'artifice, juste avant l'arrivée de la dernière triathlète. Chapeau à tous les finishers.

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Dernier retour vers l'hôtel pour une dernière nuit sur place. Now, it's time to sleep...

Lundi 02 septembre

Le réveil sonne, cette fois vers sept heures. J'ai deux heures pour faire mes valises, prendre ma douche, faire ma toilette et descendre déjeuner. Comme je suis garé juste devant l'hôtel, en zone payante, il faut que je parte avant neuf heures. Un dernier grand merci aux membres du personnel pour l'accueil et le service et je reprends la route du village expo. Là, je croise Gaël Mainard, le grand patron du Challenge Vichy qui me demande la permission de faire une photo de nous deux... à moins que ce ne soit le contraire...

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Je vais une dernière fois dans ce lieu de tentations car je me suis rendu compte qu'il y a un petit accroc à ma nouvelle combi. Le gars de la boutique est très sympathique et se propose de me la réparer gratos. En prime, il m'offre même un bidon aux couleurs du Challenge Vichy en espérant, dit-il, me revoir l'année prochaine.

Avant de quitter Vichy, je vais juste refaire le plein et acheter de quoi me sustenter en chemin et je reprends la route, direction la Belgique en faisant un trajet un peu différent. Je programme certaines pauses dans des endroits vraiment magnifiques : Saint-Pourcain-sur-Sioule, Coulanges-sur-Yonne, le Moulin de Migé et Arcis-sur-Aube entre autres.

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Finalement, je retrouve le territoire belge...

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Et quelques kilomètres après, Pied (c'est le surnom de ma voiture) me transmet un message subliminal.

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C'est fatigué, c'est mal aux jambes et aux pieds que je rentre à l'appart. Je monte Ef-five ainsi que mes effets personnels jusqu'au second. Je déballe quand même les vêtements encore marqués par mes efforts et je prépare déjà une machine pour demain matin. Je m'écroule que mon lit et je m'endors comme un nouveau né en espérant rêver à mes futurs projets...

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Remerciements

Avant de continuer, j'aimerais remercier certaines personnes...
- Les copains du TNT et du Tri4us (pour leurs conseils, leurs encouragements et parfois leurs moqueries),
- Gaëtan, mon coach "bike" (pour ses conseils avisés et nos sorties ensemble),
- Maman, Papa, la famille (parce que),
- Mon staff médical personnel (pour leur bonne humeur, leur complicité, leurs déconnes, leurs conseils nutritionnels, leur Charlie),
- Mes sponsors que je n'ai toujours pas !!!,
- Gaël, Amandine et tous les bénévoles du Challenge Vichy (parce sans vous il n'y aurait pas eu ces moments inoubliables),
- Kilou pour ses encouragements, ses "like" et le restant,
- ainsi que les autres que j'aurais du ne pas oublier... A vous toutes et tous, MERCI !!!

Analyse et conclusions

Voici mes temps de passage ainsi que mes places sur et aux intermédiaires en sachant qu'il y avait 608 partants (pour l'épreuve Half) :

454è - 454è - 0h41'54'' - 0h40'54'' : Swim,
400è - 443è - 0h06'22'' - 0h48'16'' : T1,
304è - 340è - 2h49'58'' - 3h38'14'' : Bike,
137è - 329è - 0h01'48'' - 3h40'02'' : T2,
181è - 256è - 1h44'43'' - 5h24'45'' : Run,
soit un temps de 5h24'45''.

Que tirer comme conclusion et comme enseignements de cette épreuve et de cette performance ? Je me répète certainement par rapport à ma première participation ici à Vichy mais il faut le reconnaître ; tout était parfait et c'est de loin le plus important. Autant l'accueil que le professionnalisme des organisateurs et des bénévoles, sans qui la course n'existerait pas. D'ailleurs, après deux participations, je réfléchis déjà sérieusement à une troisième édition et peut-être déjà l'année prochaine ? Peut-être, pourquoi pas !!!

Quant à ma performance, chacun en tirera ses conclusions personnelles. Pour ma part, je pense que je m'étais mis la barre assez haute, surtout sans compétition de préparation mais le mental à réussi à surmonter mes douleurs. En natation : Je serai toujours aussi mauvais. Mon principal objectif étant de moins me fatiguer mais pas d'aller plus vite. A vélo : Je pense avoir déjà bien progressé mais il reste encore de la bonne marge devant moi. En course à pied : Au vue de mes chronos sur la distance, je pense que je pourrais encore descendre de quelques minutes.

La note : Continuer à s'entrainer, perdre enfin du poids, apprendre à nager, apprendre à bien rouler et ré-apprendre à bien courir...

Merci à Marathon-Photos, à moi et aux autres pour les photos...

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Écrit par Fabrice CLOSSET Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

C'est un super chrono moins de 6h, et même moins de 5h30!! Je vise 6h30 pour ma part... Bonne continuation

Écrit par : Thomas | 15/09/2013

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Merci Thomas... d;-)

Écrit par : Fabreizhad | 15/09/2013

Bravo pour le chrono et le compte rendu ! Maintenant que j'ai été initié au triathlon, je mesure mieux combien ça doit être difficile de faire un semi après tous ces kms en vélo... Et je ne parle même pas de nager 2kms ;-))
Sinon, je n'imagine même pas le compte rendu qu'il y aura quand tu feras un ironman ;-)
PS : il est pas mal cet 'Ef-Five', il est monté en sram force si je devine bien ? Et il pèse combien environ ? (je regarde pas mal les vélos en ce moment... et c'est vrai qu'à D4, ils sont bien montés pour un prix très correct... sinon je trouve les 'canyon' pas mal non plus !)
a+

Écrit par : LaurentP | 15/09/2013

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Ah ben non je viens de voir la page dédiée à ton vélo ;-). Sram rival, ok... ;-)

Écrit par : LaurentP | 16/09/2013

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Merci Laurent...

Exact, c'est du Sram Rival. J'en suis content mais il faut dire que je viens d'un vélo lourd comme un cheval mort. Alors, ça change. Il s'agit d'un modèle 2011 mais il y a un pendant dans les collection actuelle.

Merci aussi pour le commentaire sur mon compte-rendu. Moi non plus, je n'ose imaginer ce qu'il sera le jour où j'aurai le mental de faire un complet, même si j'ai déjà une idée derrière la tête pour la date et le lieu. En attendant de dévoiler mon jeu, je me suis déjà réinscrit pour le Half l'année prochaine. D'ailleurs j'étais le premier inscrit...

D'ici la prochaine, bon entrainement... moi, je me repose...

Fabrice d;-)

Écrit par : Fabreizhad | 17/09/2013

super aussi ton C.R A bientot

Écrit par : alleaume | 02/07/2014

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Les commentaires sont fermés.