VICHY HALF TRIATHLON 2012

  V I C H Y   H A L F   T R I A T H L O N   2 0 1 2  

  1 , 9   -   9 3 , 1   -   2 1 , 4  

Jeudi 16 août

L'heure du départ est arrivée. Les bagages et le matos sont déjà dans la voiture de Sergio depuis hier soir. Il est 5h00 du mat' et on démarre, direction Vichy, Allier, Auvergne, France, Europe, uniquement par les grandes et petites nationales. Au programme, 680 km (par Sedan, Charleville, Reims, Châlons-en-Champagne, Troyes, Auxerre, Nevers et Moulins) pour environ 9 heures de route, arrêt compris. Entre les voies rapides et les petits villages à la vitesse limitée, le trajet se passe correctement. Du départ dans le noir absolu à l'arrivée en pleine clarté d'une journée ensoleillée, je peux voir comme en temps réel le jour évoluer. Plusieurs arrêts sont prévus pour se dégourdir les jambes et boire un petit café. Les paysages traversés sont magnifiques.

Finalement, c'est très précisément à 14h00 que la voiture s'arrête devant les barrières de CREPS de Vichy. Mais qu'est-ce que le CREPS me diras-tu ? Eh bien, je vais te le dire... Il s'agit d'un Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportives ; tout un programme. En gros, il s'agit d'un centre de formation pour les sportifs (de haut niveau) et c'est là que nous allons séjourner pendant les cinq jours du voyage. Bon, pendant ce temps-là, la voiture est toujours devant les barrières et elles ne se lèvent pas. C'est peut-être l'heure de la sieste. Je vais aller voir à l'accueil. Arrivé à l'endroit voulu, je me retrouve face à une charmante jeune fille et je lui explique. Elle me donne tous les renseignements voulus ainsi que les clefs et les accès (après paiement) au restaurant. Sur ce, je retourne à la voiture et nous entrons dans le domaine.

Maintenant, il s'agit de monter tous les bagages dans les chambres avant d'aller rouler une partie du parcours. J'avais prévu une petite reconnaissance des 20 premiers et des 15 derniers kilomètres avec juste un raccourci de quelques bornes entre les deux. Cette reco permet de découvrir la principale difficulté du parcours ainsi que certains endroits très buccolique. Au final, 45 bornes et 1h45' au compteur. Vite une douche avant de se rendre aux insciptions. Sur le chemin que nous faisons à pied, je peux me rendre compte à quel point cet endroit est dédié au sport : plusieurs terrains de football, rugby, tennis, une piste d'athlétisme en tartan, une autre en asphalte de 250m, une ligne droite couverte de 140m pour le sprint, etc... Maman, je veux vivre ici...

Là, je me fait immédiatement remarquer par mon humour un peu... disons... décalé. Au lieu de couper au court dans les dédales du couloir d'attente comme le proposait le préposé, j'ai suivi inlassablement le long serpentin, ce qui a déclenché un fou rire chez les bénévoles de l'inscription. Le hasard m'a attribué le numéro 1040. Après ces formalités, j'ai fait un premier tour dans le village expo. Pour cette première visite, je suis resorti les mains vides, ou presque. Maintenant, il est grand temps de retournée à ma chambre avant de se rendre au restaurant pour le repas du soir. Le calme et la diversité diététique du menu font beaucoup de bien. Finalement, le soir arrive, la fatigue aussi et je ne tarde pas à m'allonger pour un sommeil qui je l'espère, sera répérateur...

Vendredi 17 août

Le réveil est programmé sur 6h45. Il sonne. Debout feinéant !!! Je me lève. Je n'ai pas trop bien dormi. Le stress peut-être ? Bien sur que non. Le décalage horaire ? Oui oui, ça doit être ça... Je me lève donc. Ah ben non, je suis déjà debout... Je me lave donc et puis je m'habille avant d'aller déjeuner. Le restaurant propose pour le petit déjeuner baguette, toasts grillés, céréales, confiture, miel, fruits et laitages ; repas complet et équilibré. C'est ici que je devrais vivre (mais ça je l'ai déjà écrit) ; les tentations de malbouffe sont quasiment inexistantes et la variété des repas permet de compenser largement mes fréquents écarts.

Retour dans la chambre pour quelques minutes de repos avant de préparer ses effets de natation. Direction l'Allier (le fleuve) pour une séance d'entrainement en eaux libres. Arrivé sur place, l'eau est annoncée à 25° et aux vues des prévisions météos, elle ne va certainement pas diminuer. Je prends donc la décision de nager sans combi ; autant s'y habituer tout de suite. Des kayaks de surveillance sont là pour notre sécurité. Je nage aux environs de 1200m en tout. Le temps ? Autour des 30 minutes, peut-être un peu plus mais ce n'est pas le plus important. Le but de cet entrainement était plus centré dans l'optique de prendre ses marques et ses repères dans l'eau.

Après le retour et une bonne douche, il est l'heure de se rendre au village expo, histoire de voir si il n'y aurait pas quelques vêtements ou matériels qui me feraient de l'oeil. Je succombe aux charmes de deux bonnets de natation, un bidon. Certaines marques font de très belles réductions et prix mais malheureusement, je ne trouve rien à ma taille au niveau vestimentaire.

Vers 14h00, un briefing est organisé afin d'expliquer aux triathlètes le déroulement de la compétition. Tout est passé en revue : depuis le retrait du dossard jusqu'à l'arrivée en passant par le dépôt des vélos, le départ, les différents parcours ainsi que les transitions. Ils mettent également l'accent sur la chaleur annoncée et sur certains passages délicats, surtout dans la partie "bike". Une bonne demi-heure plus tard, nous sommes autorisés à quitter la salle.

Faire plus de six cents kilomètres en voiture sans visiter les alentours sera idiot. C'est pourquoi en cette fin d'après-midi Sergio et moi sommes allé nous promener à Vichy. L'aller et le retour se sont fait en marchant. Résultats, une grosse cloche derrière le talon du pied droit. J'espère que ce problème n'en sera plus un dimanche. Tant que j'étais dans le ville de l'eau, j'en ai profiter pour envoyer quelques cartes postales. Pourvu qu'elles fassent plaisir.

Le soir venu, une pasta-party était organisée. Le rendez-vous était fixé au Châlet du Lac à 19h00. Quelques minutes avant l'heure H, nous sommes arrivés sur place en même temps que les autres premiers. Petit-à-petit, les participants se sont rassemblés et les portes se sont ouvertes à l'heure précise. Dans la grande salle, des tables avaient été alignées, assiettes et couverts déjà préparés tandis que des bénévoles distribuaient les entrées. Sergio et moi sommes allé nous installé relativement près de copains bruxellois. Tandis que l'organisateur présentait l'édition 2012 du Challenge Vichy et du Vichy Half Triathlon, le plat de pâtes remplaçait l'entrée et l'ambiance montait rapidement ; surtout lors de la présentation des différentes nationalités. Les Belges étaient là en nombre et le faisait savoir. "Y-a-t-il des Belges ?" "WÈÈÈ...". Ambiance !!! Ambiance !!! Finalement, ce fut le tour du dessert et du retour vers les chambres. La journée fut longue et un peu fatiguante. Maintenant, dormir...

Samedi 18 août

Aujourd'hui, nous sommes la veille de la compétition. Au programme, j'ai prévu de repérer la boucle du parcours "run". Je n'ai pas envie de courir les 10 kilomètre et quelques. C'est pourquoi le début et la fin se feront en marchant. La partie courue ne sera longue que de sept bornes. La chaleur vers les 9h00 est encore supportable mais il faut bien s'hydrater quand même.

Le parcours est très agréable, plat à part deux ponts au dessus de l'Allier et une petite passerelle. Il démarre le long de l'eau avant de s'enfoncer dans un magnifique cadre de verdure à travers de beaux sentiers. Ensuite il revient vers la rive jusqu'au premier pont. Une fois de l'autre côté, un petit passage ombragé dans un parc avant le retour sur le chemin de halage, d'abord sur un sentier puis sur une section béton. Pour finir, le second pont et le retour vers le parc à vélo. Quelques petites accélérations pour délier le tout et retour en marchant vers le calme et le frais de la chambre pour une bonne douche et un peu d'étirement.

Après cette période plus cool, j'avais envie de me rendre au magasin Décathlon situé par très loin de là, à un bon kilomètre environ. Le trajet et la visite n'ont pas duré très longtemps car le magasin est plutôt petit et le choix forcément plus restreint.

Pour la troisième fois en trois jours, nous nous sommes donc rendu à nouveau au village expo. Cette fois-ci, j'ai craqué pour un porte-bidons a fixer à l'arrière de la selle. Cela faisait plusieurs semaines que j'avais l'intention de m'en acheter un mais au vu des prix, j'étais resté dubitatif. Et maintenant que je suis tombé devant une offre intéressante, je ne resiste pas très longtemps. J'achète aussi de matériel de réparation par air comprimé. Me voilà moins riche de beaucoup d'euros mais propriétaire d'un beau matos.

A la sortie du village, nous nous laissons tenté par une assiette de pâtes. Nous nous installons à une des nombreuses tables placée sous les arbres, à l'ombre et nous savourons ce mets délicieux. Une personne nous demande si elle peut s'asseoir à notre table. Bien sur. Il se présente : Nicolas. Il vient du Nord mais habite à Paris. Nous discutons un peu de notre passé de triathlète et de nos ambitions pour demain. La conversation est très agréable et dure assez longtemps.

De retour pour la ixième fois dans la chambre, je m'affaire au montage du porte-bidons et j'apporte les derniers préparatifs à mes deux sacs de transition. Surtout ne rien oublier. Entre autres : chaussures, chaussettes, gants, bandana, casque dans un et chaussures, casquette, lunettes dans l'autre... Une fois toutes ces opérations terminées, il faut prendre la direction du parc à vélos pour y déposer nos montures. C'est par la route avec les sacs sur le dos que nous nous y rendons. Sur place, j'ai droit aux contrôles de routine : numéro de dossard, puce électronique, autocollants du casque et du vélo. Un bénévole m'accompagne tout au long de cette visite. Il m'explique tous les déplacements ainsi que le déroulement au sein du parc. Dix minutes plus tard, je suis dehors et j'attends Sergio qui ne tarde pas à arriver.

Comme les autres jours, la journée se termine par le repas au restaurant du Creps avant d'aller se coucher non sans une certaine appréhension pour le lendemain. Je ne peux vraiment parler de stress car je sais que je suis prêt pour les bornes qui m'attendent. La crainte se fait surtout ressentir par rapport à la chaleur ; je ne la supporte pas et il annonce quand même 43°...

Dimanche 19 août

Debout à 5h00, petit-déjeuner un quart d'heure plus tard. C'est à ce moment que l'on apprend que le complet sera raccourci au demi. Les autorités (organisation, police, préfecture, etc) n'ont voulu prendre aucun risque envers les triathlètes et les très nombreux bénévoles. Pour ma part, bien que pas concerné par cette mesure, j'estime que la décision est tout à fait justifiée et logique même si beaucoup râlent.

Les derniers préparatifs pour le départ sont bons et je me rends, toujours en compagnie de Sergio jusqu'au parc à vélo. Arrivé sur place, je regonfle mes pneus (que j'avais volontairement dégonflés la veille) et je vais déposé mon sac d'après course (le vert) à la consigne. Les participants du complet-half sont partis à 7h30 et lorsque nous attendons pour rentrer dans une eau à 25° quelques minutes avant le départ, les premiers sortent déjà... En attendant, je discute quelques secondes avec l'un ou l'autre. Nous sommes maintenant tous et toutes dans la même galère et s'encourager ne peux faire que du bien.

Je rentre dans l'eau. Je fais quelques mouvements pour me réchauffer si besoin était et j'attends. Le décompte des minutes semble à la fois rapide et interminable...

SWIM

Je suis tellement concentré sur moi-même que je n'entends pas le décompte ; juste le signal. Mais comme j'ai déjà un doigt sur le chrono, je ne perds pas de temps avant de l'enclencher. Je démarre prudemment. Beaucoup semblent partir bien plus vite que moi alors que je me situais déjà vers la fin du groupe. Progressivement, je prends mon allure de croisière mais il faut souvent jouer des coudes. Je prends des coups car plusieurs concurrents partis complètement sur la droite (pour avoir pied) recoupent tout le peloton afin de se retrouver à la corde. Comme j'ai été bien élevé, j'ai appris à rendre ce que l'on me donnait. Tu me donnes un coup, je t'en rends un. A ce rythme-là, le nageur casse-c*** me fout vite la paix.

La bouée des 500m est maintenant à côté de moi. Je la passe et la cadence n'a pas l'air trop mal. Je continue et j'arrive aux deux premiers quart de tour à gauche. Le décompte des centaines et des dizaines de mètres occupe mon esprit et je ne vois pas le temps passer. Tous les 10 mètres, il y a une petite bouée rouge et tous les 100 mètres une jaune. Tantôt je dépasse, tantôt je me fais dépasser. C'est la course. Je passe devant le lieu de sortie de l'eau mais de l'autre côté. Il doit rester un peu plus de 400m.

Ces derniers mouvements paraissent sans fin, d'autant que l'étau se resserre et que les coups reviennent. Je ne m'emballe pas et je laisse plusieurs concurrents me dépasser. Ce n'est pas ici que la course se gagne mais c'est ici qu'elle peut se perdre. Enfin arrive le moment où je sors de l'eau. Je prends un premier lap. Je n'ai pas vraiment le temps de bien regarder la valeur indiquée mais je crois que je suis dans les 45 minutes... Waow...

T1

Pas le temps de trainer... Vite, courir... euh... trottiner vers l'air de transition. Il y a environ 200 mètres à parcourir avant de rejoindre le parc à vélos. Au passage, j'attrappe mon sac rouge nommé "bike" et je vais prendre place sous la grande tente. Mon sac était facile à trouver... Il n'en restait plus beaucoup sur les portiques. Là, tandis que je m'assois sur une chaise pliante, un bénévole me prend le sac et le vide au sol. Il m'aide : moi, je m'habille (bandana, casque, gants, chaussettes et chaussures) et lui, il me met de la crème solaire sur les épaules. Avec la canicule toute proche, ce n'est pas du luxe. Une fois paré au décollage, je démarre en direction du vélo. Pendant ce temps, il s'occupera de ranger mon sac rouge avec les autres pour plus tard. J'arrive à hauteur de Ef-five et je l'emmène avec moi. Nous allons passer plus de trois heures ensemble. Une petite tape amicale et je sors de la zone. Je prends un second lap. Je n'ai pas le temps de regarder le chrono car je suis plus occuper à essayer de clipser qu'autre chose...

BIKE

C'est parti pour les 93 km du parcours auvergnat. Celui-ci est annoncé "roulant" avec néanmoins quelques petites côtes mais rien de bien méchant (pour les bons rouleurs), si ce n'est la principale difficulté : une montée de plus ou moins 800m à environ 7 - 8 %. Le début est tout plat avec plusieurs ronds-points et la moyenne horaire atteint vite le 30.

Après trois bornes, un virage à angle droit vers la droite et j'attaque la première bosse, prélude de la grosse côte. Je préfère monter assis tout en favorisant une fréquence de pédalage rapide. Vu la chaleur et la distance, il va falloir gérer et gérer encore. Faux-plat montant avant la côté. Plusieurs concurrents me doublent mais ce n'est pas important. Je monte toute la bosse assis et arrivé au sommet, je suis bien et je prends progressivement ma vitesse de croisière tout en sachant que jusqu'au vingtième, le dénivellé sera principalement compose de montées plus ou moins fortes. Heureusement, il y a aussi des tronçons plats et même d'autres en descente.

C'est ainsi que ma moyenne parvient à se stabiliser aux alentours des 27 ou 28 km/h. Le parcours traverse un bois ou une forêt, je ne sais pas et certains passages ne sont pas évident car l'ombre des arbres font de la route un véritable patchwork et la vue a du mal à s'adapter à un changement aussi rapide de la luminosité. Ceci dit, j'arrive quand même à la sortie, disons, du bois, au kilomètre 20,5 et au point culminant du parcours. Je tourne à droite et bientôt se pointe la plus belle descente du parcours. J'atteins des vitesses vertigineuses de près de 50 km/h.

Au pied de cette descente j'arrive au premier ravitaillement. Je m'arrête pour jeter un de mes bidons et en prendre un des leurs. J'attrape également un morceaux de bananes puis je redémarre. Après analyse, je pense que pour le prochain ravito, je pourrais jeter le bidon dans l'aire prévue à cet effet et perdre ainsi moins de temps. Le tracé ressemble maintenant à ce que je connais en Hesbaye : rien n'est vraiment plat mais les dénivellés sont faibles tels de petites ondulations. Le vent soufflant de secteur sud à sud-ouest, la première partie se déroule généralement avec le vent de face et par moment, il souffle vraiment pas mal. Heureusement que le revêtement est correct, ce qui me permet l'utilisation du prolongateur et une augmentation très lente de la vitesse moyenne.

Les paysages traversés sont magnifiques. La vraie campagne française avec en ligne d'horizon le Massif Central et les premiers contre-forts des volcans d'Auvergne. Après une heure de pédalage, une envie naturelle et de plus en plus pressante m'oblige à faire un arrêt. Je repars aussitôt le besoin terminé. J'ai perdu environ une minute. Je reprends rapidement mon allure. Dans les campagnes, il faut bien reconnaître que c'est un peu... désert mais dès que l'on traverse les petits villages, il y a quand même quelques spectateurs ; pas beaucoup mais ceux qui sont là nous encouragent.

Je continue et je finis par atteindre le second ravitaillement. L'expérience venant, je perds beaucoup moins de temps et je peux repartir de plus belle. La température continue de monter. Elle devait être de plus ou moins 27-28 au debut de la natation, de plus ou moins 29-30 au départ du vélo et je pense qu'elle devrait déjà atteindre les 34-35 degré maintenant. Mais pour le moment, elle reste supportable car en roulant, on se crée son propre courant d'air. Espérons que cela tienne jusqu'au retour sur le parc à vélo.

J'entame le partie retour et le vent me devient plutôt favorable. La moyenne augmente encore un peu et j'approche tout doucement des 30 km/h de moyenne. Lors de mes estimations, j'avais programmé et prévu de rouler en 3h10, soit à une moyenne de 29,3 et je pense que je devrais rentrer dans mes prévisions même si je sais parfaitement bien que je vais devoir gérer la fin de ce parcours pour garder des forces pour le plus dur qui arrivera une fois les running chaussés.

Vers le 45è kilomètres, le bruit métallique d'une pièce se détachant de mon vélo me sort de ma concentration. J'ai le temps de voir quelque chose tomber. Qu'est-ce que c'est ? Vite... Faire demi-tour... Revenir sur ses pas. Et là, je m'aperçois qu'une des cartouches d'air s'est détachée. Probablement que je ne l'avais pas assez vissée et que les vibrations de la route ont fait le reste. Je la ramasse et je repars en essyant tant bien que mal de la revisser. Encore quelques secondes bêtement perdues. Sans doute faute à l'inexpérience. Bon... Allez... Il faut repartir au plus vite, reprendre sa concentration et ne pas se laisser distraire par cet incident.

Je parviens à retrouver une bonne cadence même si plusieurs concurrents m'ont déjà dépassé depuis le debut du parcours. Heureusement, j'en ai aussi doubler quelques uns. Entre le 47è et le 52è kilomètre, la route est droite, plate bien revêtu et le vent est favorable. Je paviens alors à maintenir des vitesses au dela des 35 km/h, ce qui me permet de repasser au dessus des 30 de moyenne ; moyenne redescendue, évidement, suite à ma perte de matériel. J'approche du troisième ravitaillement et de la côte qui le précède. Les deux se passe bien et je poursuis ma route.

J'arrive dans une bourgade un peu plus grande et là, beaucoup de personnes sont sur le bord de la route, un peu comme au Tour de France. Beaucoup d'encouragement donc ; ce qui réaugmente le quota motivation de quelques degrés alors que la température, elle aussi augmente de quelques degrés. Le tracé continue d'être favorable, le vent aussi. Après les montées et le vent de face, place aux descentes et au vent de dos. Pour en revenir à elles, il ne s'agit pas à proprement parlé de vrai descentes mais plutôt de long faux plats, souvent même inférieur à 1%. La moyenne est bonne et je pense que je peux faire un chrono vélo autour des 3h05-3h06. Je serais déjà bien content avec un tel résultat.

Malgré le fait que le parcours soit généralement plutôt descendant, quelques petites bosses apparaissent ça et là mais je ne m'emballe pas et je continue de les passer assis en tournant les jambes. Le quatrième ravito est devant moi. Je continue de m'hydrater convenablement en buvant plus d'un litre (probablement un et demi) à l'heure. Je pédale... Je bois... Je pédale... Je bois...

J'ouvre ici une parenthèse pour relater une petite anecdocte. Il est évident qu'une telle organisation ne peut pas bloquer complètement la circulation. Les gens habitant sur le parcours sortent et rentrent avec leur véhicule. A un moment donné, avec un autre triathlète, on s'est retrouvés derrière une voiture tirant une caravane ; voiture qui ne savait pas dépasser les concurrents (plus lents) devant elle à cause de la route sinueuse. De ce fait nous sommes restés calés derrière. Je ne sais pas si le drafting derrière caravane est autorisé ou non mais là, on n'avait pas le choix. Dès qu'une ouverture s'est présentée, j'ai piqué ma seule accélération de la journée pour dépasser afin ce véhicule lent. Je referme ma parenthèse... Voilà... Revenons à nos moutons, à nos papillons.

Pendant ce temps, les bornes défilent encore et encore. Le tempo est toujours bon et je n'ai pas l'impression de vraiment forcer. Certes j'appuie sur les pédales mais je ne monte pas trop haut en pulsation. Comme je dis : je gère... Et particulièrement aujourd'hui, le mot d'ordre sera "gestion".

Me voici déjà dans la descente du 70è. Je progresse, mètres après mètres, kilomètres après kilomètres. Je finis par arriver sur la partie retour que j'avais faite en reconnaissance. A partir de cet instant, je connais parfaitement le trajet. Ca devrait aller... Ca doit aller.. Ca va aller. Encore une légère pente favorable et je me retrouve tout près de Saint-Yorre. Ca va fort...

Maintenant, pendant huit kilomètres, je vais longer l'Allier sur un parcours tout plat ou presque. Le vent continue à m'aider un peu et la moyenne augmente encore. Selon mes dernières prévisions, je pourrais même peut-être rentrer en 3h03-3h04. Pas mal du tout. Vichy approche à grands pas... euh, à grands coups de manivelle. Un rond-point dangereux, plusieurs virages à nonante degrés, le dernier ravito et la dernière difficulté : 500m à 5% de moyenne dont 200m à 7%. Je la franchis assis en essayant de ne pas monter dans les tours.

Une fois arrivé au sommet, il y a une belle mais dangereuse descente. Prudence donc... Je traverse une grand-route et j'entame la partie la moins agréable du parcours. Il s'agit d'une route pas très belle sur plusieurs centaines de mètres suivie pas un tronçon mi-route mi-chemin sur 300m puis une chicane technique. Après le parcours retrouve les trois premiers kilomètres mais en sens inverse. J'en profite pour pousser légèrement avant de remettre des dents à l'arrière et de dérouler jusqu'à l'arrivée. Je déclipse et je prends un temps intermédiaire.

Je ne prends pas vraiment le temps du voir ce que mon chrono m'indique mais je pense qu'il marque : 3h01' quelque chose... Je me dis que j'ai vraiment bien roulé et que sans mes deux arrêts forcés, j'aurais peut-être pu rentrer sous les trois heures. Je prendrais bien un moment pour être content mais le chrono ne s'arrêtera pas alors...

T2

Un bénévole s'empare de mon vélo. Un service sur mesure. Je cours vers mon sac bleu, celui estampillé "run". Je le trouve également assez facilement. Je n'ai pas du gagner une masse de places. Un autre bénévole m'aide, comme lors de la première transition. Tiens, c'est "une" bénévole. Pour cette deuxième, j'ôte mon casque, remplace mes lunettes et échange mon bandana contre une casquette. Ensuite, je retire mes chaussures vélo, j'abaisse la chaussette droite, je mets un sparadrap sur la cloche que j'ai au talon, je remonte la chaussette et je mets mes running. J'ajuste le tout pendant que l'on me passe de la crème solaire sur les épaules. Allez... Hop !!! C'est parti et un lap...

RUN

C'est maintenant que l'enfer va vraiment commencer. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et déjà la transpiration suinte de mon corps et je sens tout de suite que la vitesse va être beaucoup plus lente que prévue. Ici, le mental va devoir prendre le commandement. Vite, je sors une pastille au mental...

Je démarre sur une cadence que j'estime être autour de 5'45'' au kilo. On verra bien au fur et à mesure du déroulement de la course. Un premier ravito est déjà là. Je prends le temps de m'arrêter, de verser un gobelet d'eau sur mes cuisses, d'un boire un de produit glucosé et un autre d'autre d'eau avant de repartir progressivement. Je décide que tant ce cela fonctionnera, je procèderai de la même façon pour chaque ravitaillement.

Le cagnard tape de plus en plus. Le parcours est composé de deux boucles de 10,35 km plus la distance entre la sortie du parc à vélo et l'arrivée qui est d'environ 700m. Les 43 degrés ne sont pas usurpés ; ils sont bien là. Pour l'instant, je me sens encore relativement bien. J'ai déjà doublé plusieurs concurrents. Deux me dépassent mais je me rends compte qu'ils ne font que le relais et donc forcément, ils sont encore frais (pour autant que ce mot puisse avoir un sens aujourd'hui).

Actuellement, le tracé passe dans la seule partie ombragé du parcours. J'en profite pour respirer un peu mieux avant le retour sur le halage, en plein soleil. pour le moment l'allure se maintient. Je pense que je dois tourner, arrêt ravito compris aux alentours de 5'40'' au kilo. Ca va... Si je continue à ce rythme, non seulement je pourrais finir le semi sous les 2h00 mais surtout, je devrais rentrer sous les 6h00, ce qui constituerait un petit exploit en soi.

Première difficulté pédestre ; la montée, légère certes, mais montée quand même pour le premier des deux ponts sur l'Allier. La descente qui suit est pour un petit moment ombragée. La ligne droite opposée est sans aucun doute la plus difficile car elle est entièrement exposée au soleil. De plus, une dizaine de marche vienne casser complètement la cadence. Les ravitaillements et les les douches artisanales rafraichissent correctement. Les jambes sont lourdes mais le moral est au beau fixe. Je repense aux longues heures d'entrainement pour me trouver encore plus de motivation et aussi pour passer le temps. Une jolie fille traverse mes pensées. Peut-être sera-t-elle fière de moi.

Le deuxième pont arrive avec sa montée, son tablier et sa descente. Lorsque je passe à hauteur de la sortie du parc à vélo, je regarde ce que m'indique mon chrono : 55'12''. Je retiens le temps qu'il m'a fallu pour faire une boucle. Maintenant je continue jusqu'à hauteur de la ligne d'arrivée et je regarde à nouveau mon chrono. Cette fois, il indique : 59'05''. Comme je sais le temps que j'ai mis pour une boucle, je peux rapidement déduire une approximation de mon temps final. Après un rapide calcul, je pense pouvoir terminer vers les 5h50' - 5h52', si tout va bien, si je n'explose pas comme beaucoup de doublés.

J'attaque le dernier tour. A chaque panneau kilométrique, je connais la distance qu'il me reste à parcourir. Cela me permet de calculer à quelles vitesses je dois courir pour finir le semi en moins de 2h00' et renter en moins de 6h00'. De même je peux estimer le temps que je mettrai si par malheur je devais finir en marchant. En voyant que la marge de manoeuvre devient de plus en plus grande, je redouble de motivation. Je sais que je peux le faire et ça tombe bien car je veux le faire.

Plus que six... Les bornes défilent et comme je connais parfaitement la boucle, je sais exactement où j'en suis. Plus que cinq... Depuis le départ de la course à pied, je n'ai fait que dépasser des triathlètes plus ou moins en difficulté. Beaucoup marchaient même. Plus que quatre... Finir sans devoir adopter la marche comme moyen de locomotion devient mon principal objectif car j'ai bien compris maintenant que les limites de 2 et 6 heures ne seront pas dépassées.

Plus que trois... Le soleil tape de plus en plus mais je ne lache rien. Pas maintenant... Tenir... Plus que deux... Le dernier pont... Ok, ça passe... Je redescends... Plus que un... Dernier passage devant le parc à vélo... Profiter de ces derniers mille mètres, profiter de l'ambiance. Je tape dans les mains des spectateurs. "Vas-y Fabrice"... 'Allez Fabrice"...

Finalement, c'est l'entrée dans l'aire d'arrivée. Des dizaines de personnes crient, encouragent. Le speaker crie mon nom. Je prends le temps d'applaudir les bénévoles et le public. Je pourrais mais je ne veux pas sprinter. A quoi bon... L'essentiel est de pro-fi-ter de cet instant magique. Je franchis la ligne. Je coupe mon chrono... Je l'ai fait... Je suis à moitié IronMan... Je suis CarbonMan...

Je suis surtout carbonisé... Une bénévole me remet ma médaille. Celle-ci, je l'ai bien méritée. Je marche tranquillement vers la salle dans le but de ma rafraîchier le gosier et de récupérer mon sac vert à la consigne. Je m'installe à une table et je sors un petit essuie. Je tente de me sêcher superficiellement avant de me rendre vers les ravitaillements. Je prend du cake, du chocolat, de la banane et bien sur je reprends de l'eau, beaucoup d'eau. Je me rends maintenant dans la file afin de recevoir mon t-shirt de finisher. Je le mettrai certainement tout à l'heure... Ou pas...

Je retourne m'asseoir et j'attends Sergio. Arrive Nicolas, qui vient s'affaler en face de moi. Nous nous racontons notre course et nous comparons nos chronos, ce qui a été et ce qui ne l'a pas. Il a super bien roulé mais a faibli en course à pied. Au final, ça le place quand même un bon quart d'heure devant moi. L'attente après Sergio devient longue. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé de grâve. Finalement, il apparît dans la salle. Il a visiblement souffert de la chaleur. Il va récupérer son sac à son tour et après quelques minuetes de récupération, nous retournons vers nos chambres respectives pour une bonne douche et un repos bien mérité (comme la médaille et le t-shirt).

Pour la récup', j'ai opté pour des chaussettes de compression et les jambes relevées. Ca a l'air de fonctionné. La prochaine étape consiste à récuperer son vélo dans l'aire de transition. Je m'y rends avec mon dossard et ma puce. En échange de cette dernière, je peux repartir avec Facet et mes deux sacs de transitions, le rouge et le bleu.

Le temps continue de passer et pour cette soirée, nous avons décidé de d'aller souper dans un fast-food. Depuis le temps que je n'avais plus craquer pour ces hamburgers au fromage... mais aujourd'hui, je pouvais bien faire exception. Du coup, je m'en suis mangé deux... Voilà... C'était délicieux mais à consommer avec modération bien sur. De retour dans les chambres, je commence déjà à ranger certaines choses pour demain. Je prends de l'avance. Ce sera toujours ça de gagner...

Lundi 20 août

Le réveil sonne, toujours à la même heure mais cinq heures du mat', c'est un peu tôt. Allez... Nouveau réglage sur sept moins le quart... Re-dodo... Nouvelle sonnerie, à l'heure cette fois. Après la douche et la toilette du matin, direction le restaurant pour le dernier petit-déjeuner sur place avant un dernier retour dans la chambre. Je termine d'emballer et de ranger mes affaires dans les sacs et avec Sergio, on va tout tétrisser dans le coffre de sa voiture. On demonte à nouveau les vélos et on les dispose soigneusement au dessus des valises, bien emmitoufflés dans des couvertures. Il faut rapporter les clefs des apparts avant de quitter cet endroit magnifique, la tête pleine de souvenirs.

Un ultime tour dans Vichy pour refaire le plein et acheter de quoi se sustenter sur la route et nous la reprenons, direction la Belgique. Après un tiers du chemin, je prends le relais derrière le volant et y resterai jusqu'au terminus.

C'est fatigué et content d'arriver que je monte Facet ainsi que mes effets personnels jusqu'au second étage de mon immeuble. Avant de sombrer dans les bras de Morphée, je déballe quand même les vêtements sales ou humides et je prépare déjà une machine pour demain matin...

Remerciements

Avant de continuer, j'aimerais remercier certaines personnes...
- Sergio (qui m'a entrainé dans ce voyage auvergnat et qui m'a souvent boosté dans mes moments les plus laxistes),
- Le TNT (pour leur accueil, leurs conseils et leurs encouragements à persévérer),
- Valérie (pour ses conseils toujours avisés pour améliorer ma piètre technique de nage),
- Anaïs, Brigitte, Florence, Françoise, Françoise, Marie, Bruno, Nam (pour l'amitié et le partage d'entrainements, de compétitions et de fous rires),
- Fabian, Raphaël (pour m'avoir encouragé avant et félicité après),
- Kim, Nicolas, Victor (pour leurs précieux conseils),
- Maman, Papa, la famille (parce que),
- Mon staff médical personnel (pour leur bonne humeur, leur complicité, leurs déconnades, leur Charlie),
- Mes sponsors (ah ben non, c'est vrai, je n'en ai pas !!!),
- Gaël, Amandine et tous les bénévoles du Challenge Vichy (parce sans vous il n'y aurait pas eu ces moments inoubliables),
- toi, la petite fille fantôme, celle dont l'esprit est venu hanté mon coeur,
- ainsi que les autres que j'aurais du ne pas oublier... A vous toutes et tous, MERCI !!!

Analyse et conclusions

Voici mes temps ainsi que mes places sur et aux intermédiaires en sachant qu'il y avait 524 partants (pour l'épreuve Half) :

380è - 380è - 0h45'41'' - 0h45'41'' : Swim,
426è - 389è - 0h04'59'' - 0h50'40'' : T1,
351è - 370è - 3h01'49'' - 3h52'29'' : Bike,
298è - 366è - 0h02'19'' - 3h54'28'' : T2,
151è - 263è - 1h54'19'' - 5h49'07'' : Run,
soit un temps de 5h49'07''.

Que tirer comme conclusion et comme enseignements de cette épreuve et de cette performance ? Tout d'abord, et c'est probablement le plus important, il convient de parler de l'accueil, du professionnalisme et des cadres (sur place et lors du parcours vélo). Je n'ai qu'une envie : y retourner... Mais quand ? L'année prochaine ? Peut-être, pourquoi pas !!! Quant à ma performance, chacun en tirera ses conclusions prsonnelles. Pour ma part, je pense que ce n'est pas trop mal pour une première... La note : Bon début, doit persévérer...

Merci à Marathon-Photos et aux autres pour les photos...

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Écrit par Fabrice CLOSSET Lien permanent | Commentaires (0)

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