TRIATHLON DE LA GILEPPE 2011

  T R I A T H L O N   D E   L A   G I L E P P E   2 0 1 1  

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Après avoir participé à mon premier duathlon, il était logique de passer au cap suivant : un premier triathlon. Pour ce, j'avais choisi le promo de la Gileppe. Le site internet faisait une description alléchante du lieu ainsi que des différents parcours : nager dans le lac, parcours vallonné pour le vélo et un aller retour pour finir en course à pied. Voici donc le récit de ce périple...

Depuis quelques jours déjà, une chose était clair : la météo sera dégueulasse. De la pluie, de la pluie et encore de la pluie : Draches, averses, etc. Ce sera bien sur le lot de tous mais on est quand même au milieu du mois d'août. Sachant que je suis pas un bon grimpeur, j'avais essayé de calculer au plus juste un objectif réalisable : 1h40' (13' + 3' + 58' + 1' + 25').

Les préparatifs m'avaient pris plus de temps que d'habitude ; probablement la peur d'oublier quelque chose. Le trajet s'est déroulé sous la pluie, parfois légère, parfois forte, très forte. Mais qu'est-ce qui m'est passé par la tête ? Soit...

Vers 08h15, nous arrivons sur place. Le parking est situé en surplomb du site. Nous descendons donc vers le lieu d'insciption. Etant déjà pré-inscrit, les formalités sont réduites et déjà nous nous retrouvons à l'extérieur. La pluie continue de tomber. Un tour rapide sur le barrage afin de repérer le parc à vélo (avec son entrée et sa sortie) ainsi que le parcours natation. Ensuite, direction la voiture pour se changer et préparer le vélo.

J'ai prévu de mettre ma tri-fonction. Pour la natation, j'aurai la combi par dessus, pour le vélo, un t-shirt et peut-être une veste en plus et pour courir, ce sera au feeling. J'ai également prévu un polybox avec mes effets de rechange et un plastique par dessus pour protéger le tout de la pluie. Arrivé au parc à vélo, c'est le traditionnel contrôle du matériel (vélo et casque). Après, je me dirige vers mon emplacement, le n° 37, pour y déposer mon brol et ranger le vélo. Quelques mots avec mon voisin d'un instant. A la vue de son vélo, je me dis que je risque de ne plus le voir longtemps après le départ.

L'heure de rejoindre le lieu du départ de la natation est annoncé par le speaker officiel. Je me risque à goûter la température de l'eau ; Ah gla gla... Je me demande bien où sont les 19° annoncé il y a quelques minutes. Finalement, 30 mètres de pseudo crawl suffiront à me casser le moral et la motivation. Une petite dizaine de minutes après le départ des handisports, c'est le coup de klaxon libérateur pour les 2 grosses centaines de participants.

Je ne sais pas pourquoi mais je me trouve environ au 2/3 du peloton (photo 1). Connaissant ma valeur en natation, j'aurais peut-être du me positionner plus vers l'arrière. Le départ se passe relativement bien. Je nage sur un 3 temps (photo 2). Soudain, après une trentaine de mètres, c'est la cata... Le froid m'oppresse de trop, ma combi ne sert à rien et surtout pas à m'aider à flotter. C'est la crise d'angoisse. Je suis obligé de passer en brasse. Je dois nager avec la tête en permanence hors de l'eau. Dès que mon visage entre en contact avec l'eau, j'attrape un bloquage respiratoire et par réflexe, j'inspire. J'en viens même à me demander si je vais parvenir à terminer le parcours nage, alors que je n'en ai même pas fait 10%. Je nage, je me bats contre moi-même... Arrive la première bouée et son virage relativement calme. A la seconde, c'est également facile. Il faut dire qu'à mon niveau, il n'y a plus beaucoup de monde pour faire barrage. Finalement, après plus de 14 minutes de souffrance, j'arrive à sortir de l'eau.

Pour moi, c'est la première transition "swim-bike". Dès les premiers mètres hors de l'eau, je commence à retirer le haut de ma combi tout en essayant de courir. Les 180m entre la sortie de l'eau et l'entrée du parc à vélo se font en côte (+/- 10%), forcément à pied, sur une sorte de tapis posé à même la terre et ses pierrailles. Le pied quoi ! J'arrive enfin dans le parc à vélo. Je me dirige vers ma bête de course. Je mets plus de temsp que prévu pour retirer ma combi. Le stress peut-être ? Non, l'inexpérience. Comme il pleut toujours, je me dis qu'il est inutile de s'essuyer, de mettre un t-shirt ou même une veste par dessus. je mets mon casque, mes lunettes et j'enfile mes chaussures vélo sans même prendre le temps de passer une paire de chaussettes. Je ne refairai pas cette erreur sur une distance plus longue. Je commence à courir à côté de mon vélo jusqu'à la sortie du parc.

Je monte sur le vélo (photo 3). Le début du parcours vélo passe par le barrage avant de longer les contours sinueux du lac. Le dénivellé des sept premiers kilomètres est quasiment nul : à peine 20 m en tout. Aux environs du km 6, un brouhaha commence à se faire entendre. Il s'agit en fait de deux grosses canalisations crachant l'eau provenant d'une partie des Fagnes dans le lac. Les jets sont impressionnants. Peu de temps après, j'arrive à un premier signaleur qui m'indique que le parcours bifurque sur la gauche. C'est à partir d'ici que commence les 7,5 km de montée. Malheureusement pour moi, cette ascension n'est pas régulière du tout. Il y a 300 m de dénivellé positif pour 7,5 km d'ascension. Ce la donne donc du 4 % de moyenne mais certains passages dépassent les 8 ou 9 % et certains autres descendent même. Si un coureur me dépasse, je continue, malgré mon handicap en côte de reprendre par-ci par-là quelques places. Un manque évident de puissance dans les jambes combiné à un surpoids indéniable ne m'avantage pas vraiment dans les côtes. A deux kilomètres du sommet, le parcours quitte les routes pas toujours très praticables pour une nationale au revêtement digne d'un tapis de billiard. Maintenant la côte se fait plus régulière et je monte à mon train. Un carrefour et un signaleur apparaissent au loin. C'est le signe que j'arrive au sommet. Je tourne à droite et je remets la plaque à l'avant. Je commence à pousser. Je sais que les quatre prochains kilomètres sont en descente sur une belle route avec à peine trois légers virages. J'atteins même le 50 km/h. Je sais, ça peut faire sourire mais pour moi, c'est presque une première. Je quitte la route provinciale pour quelques bornes plus techniques. Je dois redoubler de vigilance car la route est parsemée de grosses imperfections ; bosses, trous, virages serrés... Ensuite, il faut franchir une chicane placée par les organisateurs avant de reprendre pour quelques centaines de mètres une route plus convenable. S'en vient alors la rentrée dans le domaine du barrage et une longue descente assez technique aussi avant de finir par une nouvelle chicane juste avant la ligne de transition.

Je déclipse, je m'arrête et je descends du vélo avant la ligne fatidique. Ici, la zone de transition est en léger dévers et en descente; Et comme il pleut encore et toujours, le sol est plus glissant, surtout avec les chaussures pour le vélo. Je commence néanmoins à courir vers mon emplacement, je fixe mon vélo à la barre, retire mon casque et mes lunettes et troque mes pompes à vélo contre mes running. Je me dis que je ferai bien les cinq derniers kilomètres sans chaussettes et fatalement, je n'en mets pas. Moi qui pensais gagner du temps, j'en perds car je n'arrive pas à mettre ma basket gauche ; la semelle intérieure avance avec le pied mouillé. Finalement, j'y parviens et je démarre sans avoir oublié mon chrono mais en oubliant mes lunettes de soleil.

Je sais que je vais avoir dur pour terminer car ma seule expérience m'avait laissé des jambes tétanisées quasiment pendant tout le parcours à pied. Le parcours "run" est plat et est constitué d'un simple aller-retour dont l'aller est le même que pour le parcours "bike". Je sais ce qui m'attend. Dès le départ, je double un premier concurent puis rapidement un second. Je croise beaucoup de triathlète déjà sur le retour donc la première féminine (déjà !!!) puis la seconde puis la troisième... En fait, les quatorze premières. Je continue à mon train malgré l'état des jambes. Soudain, je vois le point salvateur du demi-tour. Un oeil sur mon chrono indique 11'17''. SI je continue à cette vitesse, je pourrais rentrer en moins de 23'. J'en serais déjà très content. Je croise maintenant des coureurs et coureuses qui sont derrière moi. J'aperçois Sergio. On se croise. Je l'encourage tout en regardant mon chrono ; il indique 14'17''; Il a donc exactement 6 minutes de retard sur moi (Ben oui, 3' aller et 3' retour). C'est peu par rapport à ce qu'il avait imaginé. Je continue de doubler tantôt un homme, tantôt une femme et puis encore un homme, puis deux. La ligne d'arrivée approche à grands pas et je donne tout ce qu'il me reste pour disons encore en dépasser deux dans les derniers hectomètres. Je franchis le tapis alors que le chrono officielle laisse apparaître le temps de 1h37'17'' (photo 4). Je coupe mon chrono et constate qu'il marque 21'47''. J'ai donc couru le retour en 10'30''.

Je marche quelques mètres puis je me rends aux ravitaillements. Deux gobelets d'eau et autant de morceaux de pain d'épices plus tard, je rejoins la ligne d'arrivée dans l'attente de Sergio. Connaissant son retard vers la mi-course, je me demande comment il aura gérer sa fin d'épreuve. Il finira en 1h44' et quelques secondes. Il est marqué par l'effort. Je le suis tout autant et peut-être même plus encore. Je rends ma puce électronique et je récupère mon matériel avant de tout remettre dans la voiture. Une bonne douche et un morceau de tarte au riz devraient me redonner des couleurs.

Comment dois-je analyser ma course ? Bien sur, il y a des points positifs mais il y en a surtout des négatifs.

Commençons par les bons points. Le premier concerne le temps gagné par rapport aux estimations faites. Je gagne 2'40'' sur le parcours bike et 3'10'' sur le parcours run. Bien sur, je n'avais placé la barre des estimations fort haute mais à ma décharge, je me défendrai en expliquant que j'ignorais la manière dont mon corps allait pouvoir gérer le troisième effort. Le second et le dernier concerne la gestion de l'effort. S'il est vrai que je suis sorti loin derrière du parcours dans l'eau (145è/190), j'ai gagné 33 places sur le parcours vélo en passant de le 140è à la 107è position et 15 places sur la partie course à pied pour passer de la 110è à la 95è position.

Les mauvais points maintenant. Tout d'abord la natation. Je n'imaginais absolument pas la difficulté que j'allais avoir à nager dans le lac. La température a peut-être eu son mot à dire mais j'étais tellement médiocre que c'est sans conteste la point le plus important dans mon amélioration à court terme. Puisque l'on parle de la température, parlons aussi de la météo. De la pluie en continu (sauf vers la fin ou elle s'était calmée) et une température trop basse pour la nage en eaux vives et pour le cyclisme (surtout en tri-fonction) mouillée) qui rendait de plus la route glissante et dangeureuse par endroit. Autre point noir, les transitions. Comment est-il possible de mettre presque 3' pour seulement retirer une combi, mettre un casque, des lunettes et des chaussures, prendre son vélo et courir un petit peu à côté de lui. Copie à revoir donc...

Voici le détail des temps intermédiaires et des transitions :

14'19'' - 14'19'' : Swim,
04'00'' - 18'19'' : T1,
55'17'' - 73'36'' : Bike,
01'54'' - 75'30'' : T2,
21'47'' - 97'17'' : Run,
soit un temps de 1h37'17''.

Merci à Marc Melchior pour les photos.

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photo 1

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photo 2

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photo 3

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photo 4

Écrit par Fabrice CLOSSET Lien permanent | Commentaires (0)

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