MARATHON DE PARIS 2010

  M A R A T H O N   D E   P A R I S   2 0 1 0  

  L’idée me trottait dans la tête depuis quelques années déjà mais je n’avais jamais osé franchir le pas. Suite à l’intention de deux collègues de participer à cette édition du Marathon de Paris, je me suis laissé convaincre et je me suis inscrit. A quelques semaines de la date butoir, j'ai décidé de mon objectif : ce sera 3h20’. Cet objectif devrait être réalisable car il correspond approximativement à l’extrapolation de mes chronos sur 10km et sur semi mais ma marge de réserve sera très faible. Ne voulant pas partir trop vite, j’ai choisi de partir dans le box de 3h30’. Afin de me motiver dans ma préparation, j’ai même créé un blog, Je cours en Kalenji, dans lequel je note le suivi de mes entrainements (jogging, cyclisme, natation et autres). Voici donc l’histoire de ce périple...

  Samedi, 05h45... Un "tît tît" strident me sort de ma léthargie et déjà, je me dis que la journée va être longue car je suis fatigué comme ce n'est pas possible. Je dois avoir dormi à tout casser 4 heures. Mon sac et mes affaires sont prêtes depuis hier soir et il ne me reste plus qu'à déjeuner, à prendre ma douche et à m'habiller. Sergio doit passer me prendre vers 6h10 et je sais qu'il sera à l'heure. Je sors donc à l'heure dite et il m'attend devant chez moi.

  Nous faisons le trajet jusqu'à la gare où nous retrouvons Françoise et Luc, un couple d'amis qui vont, eux aussi, participer au Marathon de Paris. D'autres marathoniens chevronnés ou en devenir attendent également le train. Afin de ne pas se prendre la tête inutilement dans les bouchons, nous avons décidé de faire le trajet en Thalys. Sur place, nous prendrons le métro : c'est facile et rapide.

  Nous montons donc dans le train. Je me retrouve comme à mon habitude dans le sens contraire de la marche. A l'heure exacte, le train se met en route, avec comme destination, la gare du Nord à Paris. Comme j'ai l'intention de réaliser un petit film sur mon marathon, je profite de ce moment pour prendre une petite séquence vidéo. J'essayerai d'en prendre d'autres tout au long de ces trois jours.

  Nous discutons de choses et d'autres mais toutes les conversations aboutissent inévitablement sur le même sujet : le Marathon de demain. Le voyage se déroule sans encombres jusqu'à la sortie du train. Maintenant, il nous faut acheter un passe de 3 jours pour le métro. Nous prenons ensuite le transport sous-terrain pour la première fois de week-end. C'est chargés de nos bagages que nous débarquons à l'hôtel vers 10h30.

  Après les formalités d'usage, nous prenons le métro et nous nous rendons au village Marathon, lieu de rendez-vous de tous les participants. Nous rencontrons des amis du Running Club Namur qui vont dans la même direction et nous faisons le restant du trajet ensemble.

  Comme le soleil est au rendez-vous, nous prenons notre repas froid (préparé la veille) assis sur un banc. Ensuite, nous faisons la file pour accèder au hall n° 5. Là, nous devons retirer notre dossard, prendre notre "welcome pack" et nous pouvons librement déambuler parmi les nombreux stands et animations que les partenaires et autres présentent et proposent. Après avoir récupérer mon dossard (le 12257), je réceptionne mon sac de bienvenue. Celui-ci comprend une petite gourde, un sac pliable pour faire ses commissions, un coupe-vent en matière sac-plastique et beaucoup de pub. Je me promène ensuite dans toutes les allées. Je regarde les collections des grands équipementiers, je goûte une banane de la Martinique ou de la Guadeloupe, j'achète une revue sur la course à pied et je regarde, je regarde.

  Je serais bien resté des heures au village Marathon mais il faut bien suivre le reste du groupe, surtout que celui-ci a l'intention d'aller faire une petite promenade dans le Jardin des Tuileries. Je me fais donc un plaisir à les suivre, d'autant plus que le ciel est de plus en plus bleu et le soleil de plus en plus présent. Le seul petit bémol, c'est le vent, qui souffle assez fort et de secteur nord-est. On aura le temps d'y repenser demain à ce vent. Pour le moment, je profite de l'instant. Nous sortons du jardin par la Rue de Rivoli. Tiens, demain matin nous passerons par ici. J'espère qu'il y aura moins de voiture. Nous nous arrêtons dans une brasserie et prenons un verre tous ensemble. Une petite heure passe encore. Plus tard, vient l'heure de retourner à l'hôtel et de se reposer. Un sans-blanc de sieste ponctue la fin de l'après-midi.

  Lorsque 19h00 arrive, nous allons au restaurant de l'hôtel pour manger les pâtes "al dente" promises par l'écriteau de l'entrée. Les pâtes sont tout à fait correctes et après un café au bar, chacun regagne sa chambre afin d'y effectuer les derniers préparatifs. Je décide finalement de courir en orange et vert ; singlet vert, cycliste noir et vert, casquette, chaussettes et lacets oranges. J'épingle mon dossard à directement à mon singlet par simple question de facilité pour les photos. Ma montre indique déjà 23h00 lorsque j'arrive à trouver un début de sommeil...

  Dimanche, 5h45... Un "tît tît" tout aussi strident me signale qu'il n'est plus utile de chercher le sommeil car il est l'heure de se lever. Je m'exécute non sans pesteller un peu car je suis tout aussi fatigué qu'hier soir. J'avais bien défini ma tenue pour courir mais à la dernière minute, je change encore d'avis. Je retire donc le dossard du singlet vert et le fixe au t-shirt orange. Le cycliste sera noir et les chaussettes seront aussi oranges. Tiens, il n'y aura pas vert comme je le pensais au départ. Tant pis, je resterai fidèle à mes couleurs. Maintenant, je dois déjeuner, prendre ma douche puis m'habiller, préparer de quoi me changer rapidement après la course car le vent et froid ne font pas bon ménage sur la peau et descendre rejoindre les autres.

  A 07h00 précise, nous quittons l'hôtel pour le métro (encore lui), direction la Place de l'Étoile. Nous sommes arrivés tôt assez pour avoir le temps de déposer notre sac à la consigne et de faire un dernier tour par les commodités. En rejoignant la ligne de départ, je croise Fabian et Raphaël qui sortent seulement de la bouche du métro. J'espère pour eux qu'ils n'arriveront pas trop tard dans les sas de départ car ils risqueraient d'y être mal placés.

  Il reste 35 minutes avant le départ et comme nous remontons vers les sas de tête, je quitte les autres coureurs de mon groupe pour rejoindre le mien (de sas), celui de 3h30'. J'ai préféré partir dans un groupe plus lent que dans un trop rapide. Étant plutôt du genre "diesel", il était judicieux de ne pas se laisser griser par le départ parfois trop rapide dans la descente des Champs-Élysées. Françoise et Sergio partirons du box des 3h15’ et Luc de celui des 3h00’. Frédéric partira encore plus devant.

  L'ambiance est assez sympathique. Certains coureurs venus en bandes blaguent pour faire retomber leur stress. Je regarde autour de moi mais je ne reconnais personne. Je remarque néanmoins des personnes ayant un dossard pour les box de 3h45’, 4h00’ voire même plus. Comment se fait-il qu’elles se trouvent parmi le même groupe que moi ? Lorsque je dis "elles", je veux dire "ces femmes" car comme par hasard, il ne s’agit que de femmes. Un sourire aura certainement suffit pour passer outre le contrôle et la sécurité. Et qui c'est qui s’est fait avoir? Ben, des hommes, tiens ! Soit.

  Je sautille sur place car je n'ai pas chaud. Le sac en plastic estampillé "Jogging International" qui me fait office de coupe-vent rempli correctement son rôle mais le vent de trois quart face refroidi quand même la température et le corps. Un mot sur mes pulsations. Je suis étonné de voir qu'elles sont relativement basses : à peine 70 bpm...

  À 08h35, le départ des handisports et des associassions caritatives est donné. Une énorme marée d'applaudissements accompagne cet évènement. Exactement 10 minutes, plus tard, un décompte de 10 à 1 annonce le grand départ.

  Un coup de canon et c'est parti. Devant, les élites démarrent sur les chapeaux de roue. Après environ 1 minute, je commence à peine à marcher. Il me faudra à mon avis plus de 3'30'' pour enfin passer la ligne et commencer à courir. La descente est fabuleuse. Entre ceux qui slaloment comme des furies et ceux qui brandissent des calicots, j'essaye de trouver ma trajectoire. Mais rien n'est simple. De plus, les pavés rendent les appuis moins confortables. Au bout de cette première ligne droite, j'emprunte la Place de la Concorde par la gauche puis la Rue de Rivoli, en direction de la Place de la Bastille. Je passe ainsi au 3ème kilomètre. Tout va bien pour l'instant. Les chronos sont à chaque fois à la seconde près par rapport à mes prévisions.

  Tout-à-coup, une jeune fille que je doublais par la gauche trébuche et manque de s'affaler à mes pieds. Un réflexe pour la rattraper in extremis et la voilà qui repart déjà. Son copain, à sa droite, n'apprécie guère mon geste et son regard en dit long. Qu'à cela ne tienne, elle me remercie tandis que je continue mon périple.

  Le premier ravitaillement approche et avec lui, la première cohue. Comme il n'y a du ravitaillement que d'un côté du parcours, ceux et celles qui sont placés du mauvais traversent sans prendre attention aux autres coureurs. A plusieurs reprises, je manque de tomber mais mon sens de l'anticipation (on na que le bien que l'on se fait) m'aide un peu à attraper une bouteille d'eau et de repartir sans avoir perdu trop de temps. J’arrive au tapis du 5ème kilomètre, regarde le chrono de la course, le mien et mes prévisions. Je constate que j’ai 2 secondes de retard, c’est-à-dire rien. Par contre, je constate que j’ai 3’39’’ de décalage avec le chrono de la course.

  Arrive maintenant la première difficulté du parcours: la montée de la Rue de Reuilly. Nous ne sommes encore qu’au 7ème kilomètre mais déjà elle peut laisser des séquelles dans les jambes, sauf si je ralenti la cadence. Et ça tombe bien car c’est ce que j’avais prévu de faire.

  J’avais écrit que j’en reparlerais. De qui ? Du vent ! Et bien, c’est le moment. On le sent bien, surtout dans les tronçons exposés. Il est pour le moment de secteur nord-nord-est. Il devrait nous être plutôt favorable entre le 12ème et le 30ème. Pour le restant, il sera un handicap, parfois même un gros.

  L’arche et le chrono du 10ème kilomètre approchent. Le parcours sort de la ville et entre dans un paysage plus campagnards tout en restant exclusivement sur route. Pour l’instant, tout semble aller comme sur des roulettes. Je passe sur le tapis avec 6’’ de retard. Bizarrement, mon Garmin me donne déjà 300m de plus mais il est vrai que je slalome et beaucoup plus que prévu.

  Je viens de passer le panneau du 12 lorsque j'aperçois Françoise de l'autre côté de la route. Je me décale donc vers la gauche pour l'encourager et lui demander des nouvelles de Sergio. Elle me dit qu'il est devant mais elle ne sait pas de combien. Comme elle n’a pas de chrono, elle me demande quel est ma cadence et je la lui donne: 4’44’’ au kilo.

  Je continue ma route en avant. J’ignore quelle avance Sergio a sur moi mais je dois quand même faire attention à ceux que je dépasse car je pourrais le rattraper. Peut-être. J’approche du passage au 15ème lorsque j’aborde la légère côte de la Route du Pesage. Heureusement que le vent est à cet endroit favorable. Elle passera facilement. Le temps sur le tapis me réconforte dans mon estimation: Je n’ai plus que 1 seconde de retard sur mes prévisions. C’est très bien, d’autant plus que les kilomètres qui vont suivre vont être facilités par le vent généralement de côté puis de trois quart arrière. Que du bonheur donc.

  Vient l’Avenue de Gravelle que je suis pendant 3 kilomètres et demi avant de rentrer à nouveau dans le centre de Paris par l’Avenue de la Porte de Charenton, par la rue du même nom et surtout par la petite côte juste avant le panneau du 20ème. Toujours pas de Sergio à l’horizon. Mais où est-il donc ? Pourvu qu’il ne soit pas parti trop vite.

  Le chrono au passage de 20 est clair, net et sans bavure: 1h34’15’’, à la seconde près. Je suis confiant, pour le moment, mais ne nous affolons pas. Le vrai marathon n’a pas encore commencé. Je poursuis ma route en avant et au passage du semi, c’est la même précision: 1h39’30’’. Encore une fois, je passe pilepoil dans les temps impartis. Du côté des pulsations, c’est également bon. Ma moyenne actuelle est exactement à 153 bpm, soit 85%. C’est le moyenne que j’espère garder au moins jusqu’au 30ème.

  Le tracé fait repasser les marathoniens par la Place de la Bastille. Encore quelques minutes et je courrai sur les voies sur berges. Depuis le début du parcours, je remarque qu’il y a beaucoup de monde sur le parcours, principalement sur les places et aux abords des tapis de contrôle. Les foulées succèdent aux foulées et les kilomètres défilent.

  J’arrive bientôt en vue du 25ème. Je suis déjà curieux de savoir quel sera l’écart avec ce qui est écrit sur mon mémo. Le verdict tombe rapidement: 1 seconde d’avance. Pour la première fois depuis le début, je précède mon tableau de marche. Pas de beaucoup certes mais c’est déjà encourageant.

  Juste après, alors que je vais entrer dans le premier tunnel, j'aperçois Sergio une quarantaine de mètres devant moi. J’entre dans le tunnel des tuileries (800m de long). A l’intérieur, l’éclairage n’est pas terrible et je dois même enlever mes lunettes de soleil. A sa sortie, je constate que le retard que j’ai sur Sergio n’a pas changé. Il me faudra plus de 2 bornes pour arriver à sa hauteur. Je prends de ses nouvelles et il en prend des miennes. Nous courons ensemble pendant environ 3 kilomètres. Nous arrivons à parler, preuve que les pulsations sont toujours contrôlées.

  Comme le parcours n’emprunte pas le tunnel devant le Trocadéro, j’ai tout le loisir de contempler la Tour Eiffel. En fait, juste quelques secondes et par à-coup car il faut rester prudent et attentif à ce qui se passe. Des spectateurs tentent souvent de traverser devant les coureurs tandis que certains coureurs, eux, craquent déjà et se mettent à marcher sans prévenir.

  Nous continuons notre petit bout de chemin. Arrive logiquement le ravito du 30ème et son chrono juste derrière. J’ai maintenant 2 secondes d’avance. Waow!!! Et on continue.

  Soudainement, Sergio me signale qu'il va décrocher car le rythme lui semble trop rapide pour lui. C'est bien dommage car j'aurais été content que nous puissions courir ensemble le plus loin possible.

  Je vais aborder maintenant, une autre difficulté: le faux plat montant de la Rue Mirabeau et de la Rue Molitor. Cette difficulté arrive au km 31. Le mur, le fameux mur du marathon peut arriver d’un instant à l’autre, sans prévenir et se dresser d’un coup, implaquable, devant le coureur. Et là, on le prend en pleine face et c’est la fin du plaisir et le début du calvaire. Je fais donc attention en raccourcissant la foulée et en surveillant les pulsations. J’arrive au sommet sans trop de douleur même si les jambes me font de plus en plus mal. La douleur est néanmoins tout à supportable, du moins pour le moment. Je passe devant Roland-Garros.

  Vers le panneau du 33ème, un joueur de biniou me redonne de l’énergie. Ce son me fait chaud au coeur. Le parcours passe maintenant derrière Roland-Garros et là, le vent est quasiment de face et il freine les concurrents. J’ai de plus en plus de mal à avoir une foulée normale.

  J’arrive au ravitaillement du 35ème et là, je dois marquer l’arrêt devant un joggeur qui tombe devant moi. Je redémarre difficilement et entame une petite côte raide (4% sur 100m) avant de passer sous la banderole de km 35. A mon chrono, je n’ai que 3 secondes de retard mais je comprends vite que je ne les reprendrai jamais car l’allure ne veut plus revenir au 4’44’’ d’avant. Je mets 15 secondes de plus pour courir le 36ème, 10 de plus au 37ème et encore 15 de trop au 38ème.

  Maintenant, il y a une longue ligne droite en deux tronçons jusqu’au 40,5. Le temps paraît interminable. De plus en plus de coureurs me doublent mais ce qui me donne du courage, c’est de voir le nombre impressionnant de concurrents qui marchent ou qui explosent littéralement.

  J’arrive en vue du 40me et je demande combien de temps j’aurai perdu. Le chrono est sans appel: 1’32’’ de retard, soit 1’29’’ de perdu en seulement 5 kms; 19 secondes de moyenne au kilomètre, c’est beaucoup. J’essaie de rassembler ce qui me reste de force et de motivation pour finir honorablement. Je perds encore plus de 30’’ sur les deux derniers kilomètres. Mes jambes ont définitivement renoncé et c’est au mental que j’avance.

  Il me reste seulement 50’’ pour les 195 derniers mètres. Dans un ultime sursaut d’effort et d’égoïsme je finis à l’arraché car je peux encore finir en maximum 3h22’00’’. Je donne tout ce qui me reste même s’il ne me reste plus rien. Finalement, je passe la ligne tout en arrêtant mon chrono. Le résultat indique: 3:22:00. Objectif de secours atteint, à moins que le chrono officiel réel, calculé sur les passages sur les tapis ne me donne autre chose (il donnera finalement le même temps). Maigre consolation s'il en est !

 

Marathon Paris 2010

 

  Je marche maintenant, lentement, un peu comme un robot dans les vieux films en noir et blanc. J’essaie surtout de ne pas tomber. Je me demande si mes jambes vont réussir à me supporter jusqu’au pas suivants. J’avance. Une première personne retire la puce que j’avais attaché à ma chaussure. Un peu plus loin, je reçois un poncho pour me protéger du vent et le t-shirt de finisher. En voilà un que je porterai avec plaisir et fierté même si la marque n’est pas celle que je préfère. Je reçois aussi ma médaille et enfin le ravitaillement.

  Je récupère le petit sac que j’avais déposé à la consigne et je tente de sortir de l’attroupement que constituent les coureurs et les spectateurs. Je me dirige vers le lieu de rendez et j’y arrive. Normalement Frédéric devrait déjà y être mais il n'est pas là. Il est probablement déjà retourner à l'hôtel et il a eu raison car il a probablement mis 1/2 heure de moins que moi. J'essaie de me changer tant bien que mal mais mes jambes refusent catégoriquement de se plier. Je dois donc me démerder pour retirer mon cycliste et remettre mon training. Arrivent ensuite Luc, Sergio et Françoise quasiment en même temps.

  Tant bien que mal, nous retournons vers la station de métro. Heureusement qu'il y a beaucoup d'autres marathoniens avec nous dans nos déplacements car nous marchons vraiment comme des robots de mauvaises qualités, surtout moi. Durant le trajet, nous racontons en bref nos sensations.

  De retour, à l'hôtel, chacun regagne sa chambre pour un repos bien mérité. J'essaie de dormir un peu mais les souvenirs se bousculent dans ma tête et je tente de comprendre les raisons de mon échec. mais j'y reviendrai plus tard...

  Il est parfois utile d'avoir une amie qui est kiné de formation. Pendant près de 20 minutes, Françoise pratique un massage sur mes jambes. Elles en avaient vraiment besoin. Merci Françoise...

  Le métro est encore là lorsque nous allons tous les quatre prendre un repas bien mérité dans le XIIIème arrondissement. Nous arrivons trop tôt pour le repas et nous patientons devant un verre en guise d'apéritif. La soirée s'annonce bien, sauf qu'à la table à côté, il y a une espèce de vieille hystérique qui ne sait faire que gueuler. Son compagnon lui demande régulièrement de se calmer mais elle ne veut rien entendre.

  Pour ma part, j'hésite entre commettre un vieillicide ou rester calme. Finalement, comme le mot n'existe pas vraiment, j'opte pour la seconde option. Elle finira bien par se taire...

  Le plat est vraiment très bon. Après ce repas hautement mérité, nous regagnons la Défense. Le lit me fait de l'oeil et je ne résiste pas longtemps à son appel mais le sommeil tarde encore à venir. Trop de pensées traversent mon esprit...

  Lundi, 5h45... Je me réveille tout seul (l'habitude sans doute) et décide de replonger pour 2 tours d'horloge. Maintenant, il est 7h45 et il est temps de se lever. Je prends une douche et je me rase. Ensuite, je termine de ranger mes bagages avant de rejoindre, à 8h30 précise, les autres pour le petit-déjeuner.

  Heureusement que le petit-déj' est a un prix forfaitaire car nous avons tellement faim que nous vorrons de bon coeur, un peu (ou beaucoup) plus qu'à l'habitude : müesli, miel, pain, confiture, yaourt, fromage, lait, jus d'orange... Suite à quoi, je regagne ma chambre et boucle ma valise, je descends à la l'accueil et je règle ma note. Je dépose mes bagages à la consigne. Je viendrai les rechercher dans l'après-midi. Les autres font de même.

  Nous prenons le métro direction les Champs-Élysées. Pour Sergio et moi, le but est de trouver les magasins Nike et Adidas mais nous ne les trouvons pas. J'ai du me tromper dans les stations du métro. Finalement, nous faisons juste un tour chez Decathlon. Quel dommage, ils n’ont rien de plus que chez nous ! Ensuite, nous allons nous boire un café dans un établissement sur les Champs (là, je suis en mode je me la pète).

  Il nous faut maintenant rejoindre Françoise et Luc qui nous attendent Place d'Italie. Tous ensembles, nous allons manger un bout au "Temps des Cerises", petite gargote vieillotte mais terriblement sympathique.

  Apres ce bon repas, nous reprenons le métro pour la x-ième fois et nous nous rendons Place de la République, pas très loin du canal Saint-Martin. Nous déambulons le longs de ses berges, passons sur ses petites écluses et son pont tournant. Très pittoresque, surtout en pleine ville.

  Nous reprenons encore une fois le métro. Cette fois-ci, nous allons vers le centre Pompidou. Nous laissons Luc faire un tour de son côté tandis que Françoise, Sergio et moi, nous essayions de trouver une boutique Adidas pour Françoise. Comme nous ne savons pas exactement où elle se situe, nous cherchons un peu avant de la trouver. Un petit tour à l’intérieur et nous rejoignons Luc qui a fini ses achats.

  Le prochain lieu d’arrêt s’appelle "Au paradis des fruits". Je commande un fromage blanc 0% avec fruits de saison. Quelle n'est pas ma surprise lorsque le plateau arrive. Une coupe énorme avec du fromage blanc. Par-dessus, des morceaux de fruits (banane, coco, fraise, fruit de la passions, kiwi, mangue, melon, orange, poire, pomme, raisin) viennent embellir le montage.

  Mais le temps passe et il nous faut déjà retourner à l'hôtel afin de récupérer nos valises car le Thalys ne nous attendra pas. Encore un peu de métro et nous voici gare du Nord devant le bon quai. Je pense être devenu un spécialiste du métro parisien (lol). Dès l'annonce, nous prenons place pour le voyage de retour.

  Nous sommes tous les quatre fatigués mais nous n'arrivons pas à dormir. Nous discutons de choses et d'autres. Nous partageons notre joie d'avoir vécu ces trois jours ensemble. Nous rigolons beaucoup et nous avons même eu un fou rire sur un trip complètement débile. A un point que même les gens assis de l’autre côté du couloir se mettent à rire discrètement. Vraiment, c'était à vivre...

  Le train s'arrête en gare de Namur et nous descendons. Maintenant, il y a encore deux trajets en voiture avant de retrouver mes pénates. Je n'ai ni le courage ni la force de défaire ma valise. Tant pis, elle attendra bien demain. Moi, je vais sombrer.

  Allez, bonne nuit...

  Analyse:

  Lorsque je fais l'analyse de ma course, je me rends compte de plusieurs points :

  Tout d'abord, il y a les temps de passage réalisés par rapport à ceux prévus. On remarque tout de suite que j'avais bien programmé ma course car la différence est très minime jusqu'au 35ième. A partir de là, les jambes n'en voulaient plus et j'ai perdu entre 15 et 20 secondes au kilomètre. On ne peut pas vraiment parler de défaillance ou de mur car les conséquences auraient été plus importantes et la perte de temps aussi. Dans mon cas, elle est arrivée d'un coup mais elle a été constante.

  Temps de passage - Prévisions - Écarts

  05 km   — 00:24:07 — 00:24:05 — +00:02

  10 km   — 00:48:16 — 00:48:10 — +00:06

  15 km   — 01:11:26 — 01:11:25 — +00:01

  20 km   — 01:34:15 — 01:34:15 —  00:00

  Semi    — 01:39:30 — 01:39:30 —  00:00

  25 km   — 01:57:54 — 01:57:55 — -00:01

  30 km   — 02:21:48 — 02:21:50 — -00:02

  35 km   — 02:46:08 — 02:46:05 — +00:03

  40 km   — 03:11:02 — 03:09:30 — +01:32

  Arrivée — 03:22:00 — 03:20:00 — +02:00

  D’après les places brutes au semi (5401ème), 30ème (4954ème) et à l’arrivée (4141ème), je peux compter que j’ai dépassé un concurrent tous les 20 mètres entre le semi et le passage au 30ème et un tous les 15 mètres du 30ème à l’arrivée, ce qui est une preuve de la bonne gestion de l'effort.

  Ensuite, il y a la question de la distance totale réellement courue. Mon Garmin me donne 42,780 km. Après avoir comparé avec d'autres coureurs, je me suis rendu compte qu'ils étaient dans le même cas. Cela donne quand même une moyenne de 14 mètres en plus à chaque kilomètre. La faute sans doute aux nombreux slaloms effectués pour doubler les gens devant. Si je compte sur cette distance-là, ma moyenne est de 4'43''/km et me donnerait un temps moyen de 3h19'15'', à condition bien sur de pouvoir courir l'entièreté du marathon sur la fameuse ligne bleue, ce qui est loin d'être possible à mon niveau. Dans mes calculs, j'avais bien mémorisé l'allure mais un départ dans le sas de 3h30' était peut-être trop prudent. Si l'occasion se représentait, j'opterais pour celui de 3h15'.

  Tout ceci n'est qu'une observation et en aucun cas être considéré comme une excuse ou une cause. Par rapport au 3h20'00'' de prévues, soit 200 minutes, j'ai fait 3h22'00'', soit 202 minutes. J'ai donc, dans un certain sens fait 1% de plus. La réussite pourrait se cotée à 99%, mais pour moi, ce marathon fut un échec. Je sais bien que beaucoup de personnes m'ont dit le contraire car au final, c'est n'est pas si mal que ça. Lorsque je me fixe 16 semaines pour arriver à quelque chose d'aussi important au niveau sportif, même une seconde de retard m'aurait déçu.

  Tout échec à ses causes et ses conséquences. Pour ma part, la principale et quasiment la seule cause se situe au niveau de ma taille. Non pas que je sois trop grand, mais bien trop gros. Disons pour faire simple que si j'avais réussi à perdre les 3 ou 4 kilos superflu que je garde jalousement sur moi, le résultat aurait été bien meilleur. Je n’ai donc qu’à m’en prendre à moi-même...

  Les conséquences sont donc évidentes: recommencer un jour dans l'espoir de descendre sous la barre des 3h20'.

  Merci à toi si tu as tout lu...

  Fabrice d;-)

Écrit par Fabrice CLOSSET Lien permanent | Commentaires (0)

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